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Voici une fois de plus un objectif intéressant concocté par MS-Optics avec une focale que certains considèrent comme idéale, à savoir 40mm. Tout comme la plupart des autres objectifs de la gamme (17mm, 28mm…), l’extrême compacité de ce Protar permet d’envisager sereinement de loger son Leica M dans une poche de veste. Mais au delà d’une ouverture maximale somme toute modeste, la question est de savoir si ce Protar est il une véritable opportunité et alternative en cas d’acquisition d’un objectif standard.

Le débat est toujours ouvert et haletant lorsqu’il s’agit de savoir quelle est la focale la plus standard (considérée comme la plus proche de la vision qu’offre l’œil humain). Située pour beaucoup entre le 35 et le 50mm, un objectif de 40mm tente à vouloir s’approcher de cette réalité en proposant une optique de focale intermédiaire à l’image de ce que Leica avait proposé avec son Summicron 40mm (testé ici), objectif très compact et qualitatif qui connait encore un franc succès dans le monde du Leica.

Voici donc que Ms-Optics nous propose ce Protar 40mm, objectif formidablement compact avec une ouverture certes modeste mais qui, dans un ordre de prix plutôt alléchant, fait montre de qualités indéniables.

Ce Protar pourrait être le premier d’une série baptisée « History-Series » qui devrait comprendre les :

– Dagor 40 mm f/6,3
– Ernostar 50 mm f/1,8
– Petzval 58 mm f/2
Planar 50 mm f/3,7.

Présentation :

Livré dans une petite boite blanche sans artifice, la construction semble solide et l’assemblage de bonne facture. Le premier sentiment qui prédomine à l’ouverture de ladite boite, c’est une fois encore la compacité de l’objectif qui séduira bien évidemment les amateurs de matériel de petit format. Sans pare-soleil, l’ensemble formé avec un Leica M est vraiment agréable car il permet de loger son matériel dans une simple poche de veste.

Le bouchon avant et le pare-soleil sont tous les deux en métal. A noter que ce dernier, et c’est plutôt inhabituel et astucieux, se loge en se vissant dans la partie arrière de l’objectif. Cela permet de toujours l’avoir avec soi sans qu’il ne prenne le moindre espace supplémentaire. Les bagues sont fluides et comme pour les autres optiques de la gamme, c’est ce pare-soleil qui sera utilisé pour choisir l’ouverture lors de la prise de vue. La mise au point se faisant elle par une petite tirette et il est à noter que le sens est inversé par rapport aux optiques Leica, de l’ouverture la plus grande à droite jusque la plus fermée à gauche. Le minuscule bouchon arrière est en plastique tendre et mériterait un peu plus d’attention de la part du constructeur car il fait très léger.

Pour le test, monté sur un SL ou M246 (monochrome 2ème version), l’ergonomie est bonne et permet une utilisation somme toute facile. Il faudra cependant passer par une phase d’apprentissage pour maitriser la pratique des objectifs MS-Optics. En effet, l’absence de bague de diaphragmes impose une méthodologie spécifique qui consistera à tourner dans un premier temps le pare-soleil pour choisir l’ouverture et puis manipuler l’ergot de mise en point en effectuant la visée. Rien de bien complexe donc mais un petit coup de main à assimiler qui ne prendra que quelques minutes. Il faudra en outre apporter une attention toute particulière au placement de ses doigts lors des prises de vue car la focale extrême ne permet la moindre approximation à ce niveau sous peine de les visualiser sur l’image.

Sur Leica SL, pas de problème pour visualiser le cadrage de ce Protar puisque la visée est numérique donc immédiatement positionnée à 40mm. Pour ce qui est de son utilisation avec le Leica M, la méthode la plus efficace est de prendre pour référence de visée le cadre intérieur du 35mm. Un peu d’habitude permet très vite de cadrer correctement la scène photographiée.

Caractéristiques techniques :

– 4 lentilles en 2 groupes
– Traitement multicouches (MC)
– Distance minimale de mise au point : 60 cm (couplée au télémètre jusqu’à 85cm)
– 16,2 mm de long sans pare-soleil, 6 mm de plus pour le pare-soleil amovible
– 50 mm de diamètre maximal
– Diamètre de filtre : 22,5 mm,  filetage 0,75mm
– Poids 60 g, 70 g avec le pare-soleil

Les tests réalisés sur les autres objectifs MS-Optics… 

Test des Apoqualia-G 28mm f2 et l’Apoqualia-G 35mm f/1.4

Test du Sonnetar 50mm f/1,1 de MS-Optics, le micro Noctilux

MS Optics Perar 17mm f/4.5, l’ultra grand-angle Slim

Performances :

Avec une ouverture mini à f/6,3, la qualité d’image est très bonne quelle que soit l’ouverture de diaphragme choisie. Les ouvertures à f/16 ou f/22 sont à éviter autant que possible car la diffraction fait son oeuvre à ces valeurs en altérant le contraste. Pour le reste, les ouvertures de f/6,3 à f/11 sont pleinement utilisables avec une définition de très bon niveau et des micro-contrastes bien marqués. Il faudra d’ailleurs faire preuve de retenue avec les curseurs de netteté, de clarté ou de structure sous peine de se retrouver avec des images suralimentées aux effets désagréables.

Déformations et distorsions sont quasi inexistantes dès lors que la prise de vue sera réalisée avec un minimum de soin. Le vignettage est peu marqué à pleine ouverture pour disparaître très rapidement dès f/8,0. Les aberrations chromatiques sont, à l’image des autres objectifs de la gamme, très bien contenues.

Le rendu de cet objectif est vraiment très bon avec un piqué natif d’excellent niveau, une restitution des couleurs fidèle et agréable, sans dominante regrettable. le modelé, si il n’atteint pas les sommets des optiques Leica, est malgré tout d’un niveau très satisfaisant et les fichiers obtenus permettront sans grands efforts de délivrer de beaux clichés en couleur ou en noir et blanc.

Pour cette optique peu lumineuse dans l’univers Leica, il est évident qu’il faudra l’utiliser dans des conditions de lumière relativement favorables. Malgré tout, les boitiers actuels permettront, au vu de leurs performances à hautes sensibilités, de faire des images dans des contextes différents, y compris en intérieur. La série d’images de la galerie de l’article, réalisée en extérieur un jour plutôt terne mais aussi en intérieur (mélange de lumière du jour et artificielle), démontre de la capacité de l’optique à s’adapter à des environnements diverses avec un dynamisme étonnant. Avec le SL ou le M246, j’ai pu faire des images en intérieur sans trop de problème (cf galerie en noir et blanc). 

Conclusion :

Voici donc un objectif supplémentaire dans la gamme MS-Optics qui vient un peu plus enrichir le charme indéniable de ces optiques ultra-compactes. Ce Protar ne déroge pas à la règle avec des atouts incontestables. Piqué natif bien présent, fidélité de la restitution, contraste d’excellent niveau, autant de qualité à mettre au crédit de ce minuscule objectif. A utiliser sans modération en numérique ou en argentique, il est aussi très agréable à utiliser en hyperfocale (cf exemple dans les galeries d’images). A cela, on ajoutera un prix pour le moins raisonnable de 790,00€ qui fait, à mon sens, de ce Protar un objectif à considérer en cas d’achat d’objectif standard ultra-compact.

Lien du Protar 40mm sur le site TAOS.

 

A suivre deux galeries d’images, une réalisée au Leica SL en couleur, l’autre au M246 en noir et blanc. Il s’agit d’images tests sans autre prétention que de montrer des exemples de ce que peut produire l’objectif décrit dans le test.

 

Cliquez sur la première image pour voir la galerie…

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GALERIE COULEUR

 

GALERIE NOIR ET BLANC