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Si elle demande un peu plus de maitrise que celle du 35mm, la focale 28mm n’en est pas moins très polyvalente et se prête à tous les genres photographiques. Un 28mm reste compact et est aussi à l’aise en extérieur qu’en intérieur pour s’adonner à la pratique de la photo de paysages ou de la photo de rue mais aussi pour réaliser des portraits intimistes et atypiques. A la frontière entre les ultra grand-angles et les objectifs standards, le 28mm peut s’envisager comme votre unique compagnon de sortie pour des photos souvent spectaculaires. Leica perpétue allègrement l’existence de cette belle focale en nous proposant bon nombre de références, toutes aussi séduisantes les unes que les autres…

Faire le choix du 28mm :

Ce sont le plus souvent les focales de 35 et 50mm qui sont choisies par les photographes comme base de leur gamme d’objectifs. Considérées comme plus généralistes et polyvalentes, elles permettent effectivement de traiter tous les sujets sans trop de difficultés et sont relativement simples à appréhender, notamment pour les débutants.

Lien vers article des 35mm

Lien vers article des 50mm

Cependant, une autre focale peut s’avérer très intéressante avec là aussi une véritable propension à traiter tous les sujets, c’est le 28mm. Un temps délaissé lors du règne du format APS-C, ne correspondant plus à un standard (équivalent 42mm), il est revenu très vite en odeur de sainteté lorsque le plein format (24×36) a repris ses droits.

Cette focale, la plus utilisée en grand-angle dans les années soixante-dix, permet des effets spectaculaires de perspectives sans déformations excessives. Car c’est bien là le maux principal des grand-angles. A partir de cette focale de 28mm, il sera important de bien placer l’ensemble boitier/objectif pour ne pas rendre la scène photographiée déformée. Mais une fois ce principe acquis, le 28mm offre une palette de possibilités très complète.

En photo-reportage et selon son placement, il autorisera des plans d’ensemble de qualité mais aussi des scènes complètes sans obligation systématique de prendre de la distance. C’est d’ailleurs ce qui rend cette focale intéressante au plus haut point. La capacité à restituer une scène au cœur de l’action avec beaucoup de dynamisme et de détails. Beaucoup de grands photographes à l’instar de Garry Winogrand ou René Burri avaient fait de ce 28mm leur focale de prédilection et la considérait comme la plus polyvalente de toutes.

Autre point favorable et qui a son importance pour accompagner son Leica, le 28mm est à mon sens la focale qui se prête le mieux à la pratique de l’hyperfocale. Suffisamment large pour cadrer la scène dans son ensemble mais pas trop pour éviter les coupures abruptes ou images vides comme cela est le cas avec un 35mm. En tenant le boitier correctement là encore, les déformations et autres effets disgracieux seront très souvent évités. A hauteur de la ceinture, boitier bien droit, les photos seront la plupart du temps réussies avec de belles surprises en perspective.

Leica chouchoute donc ses clients qui aiment cette focale de 28mm en proposant pas moins de quatre optiques très qualitatives, du minuscule Elmarit au magnifique Summilux en passant par le tout nouveau Summaron remis au goût du jour l’année dernière (lien test du Summaron). Dans la gamme, cela place le 28mm devant le 35mm qui n’est représenté que par trois modèles. Il n’y a guère que le très démocratique 50mm qui propose plus de références au catalogue de la marque Allemande.

Et puis, si cela devait prouver encore l’attachement de Leica à donner à ce 28mm une grande importance de par sa polyvalence avérée, c’est cette focale qui a été choisie pour équiper son appareil compact très haut de gamme, à savoir le Leica Q. Bien souvent réticents, nombre d’acquéreurs du Q, dans un premier temps sceptiques à l’idée d’évoluer avec cette focale, ont fini par en apprécier grandement les nombreuses possibilités. Je dois avouer que je fais partie de ces personnes. Le Leica Q m’a permis de porter un intérêt particulier à cette focale de 28mm dont je n’étais pas spécialement friand en me faisant entrevoir une véritable capacité à tout photographier sans contraintes spécifiques.

Lien vers article du Leica Q

Je vous propose donc une revue d’effectif de ces 28mm Leica, que ce soit pour les références actuelles ou des modèles plus anciens et qui se trouvent facilement en occasion (lien vers la cote occasion).

 

La gamme actuelle :

Elmarit 28 mm f/2,8 Asphérique – Nouvelle version (2100,00€) :

Début 2016, Leica entreprit de renouvellement trois références cultes de sa gamme M, à savoir l’Elmarit 28mm, le Summicron 28mm et le Summicron 35mm. C’est le premier de la liste  qui nous intéressera ici. Très léger (180 grammes) et annoncé comme l’objectif le plus compact de la gamme Leica M, cet Elmarit se doit d’être de très haut niveau pour supplanter son prédécesseur qui présentait déjà un profil et un bilan plus que méritant.

D’un point de vue cosmétique, rien de transcendant sur ce 28mm si ce n’est le pare-soleil qui devient métallique et vissant en lieu et place du modèle plastique et clippé. A noter la présence d’une bague de protection métallique qui vient se visser sur le bord de l’objectif si le pare-soleil n’est pas utilisé.

Comme pour la première version, la qualité d’image est impressionnante, ce dès la pleine ouverture. On peinera d’ailleurs quelque peu à visualiser de notables différences entre les deux versions si ce n’est au niveau des flous que personnellement, je trouve plus harmonieux sur le dernier né. Ceci conférera à cet Elmarit nouvelle mouture une meilleure capacité à isoler le sujet même si ce n’est pas une priorité sur ce type de focales. Pour le reste, la filiation entre les deux versions est plus qu’évidente.

Distorsion quasi absente, vignettage presque imperceptible, champ parfaitement homogène et de haute définition dès f/4,0, il ravira les amateurs de reportage photographique comme le paysagiste. La volonté de Leica pour cette nouvelle version est bien d’améliorer encore la capacité à ce 28mm à augmenter ses performances dans les angles et sur les bords de l’image. La formule optique a donc été modifiée pour cela en ayant pour principe de base d’améliorer encore la courbure de champ. Au final, si le gain peut paraitre minime, il convient malgré tout de reconnaitre que cet Elmarit est devenu meilleur encore malgré des performances déjà très élevées sur la version précédente.

Il est vraisemblable que cette mise à jour de cette optique devenue mythique laisse entrevoir une volonté pour Leica d’aborder des résolutions supérieures dans les années à venir tout en améliorant encore un objectif déjà fortement réputé. Ceci en dotant cet objectif phare d’une nouvelle formule optique propre à lui garantir des résultats maximum quelle que soit l’ouverture utilisée. Il me semble que le pari est réussi et l’acquéreur exigeant qui veut le meilleur choisira cette version sans conteste.

 

Summaron 28mm f/5,6 (2200,00€) :

La présentation la et construction est à la hauteur des réalisations habituelles des matériels Leica, superbe et sérieuse. La prise en main est très simple et très intuitive (malgré la toute petite taille) comme souvent avec les optiques Leica.
La bague de diaphragme est très agréable et bien crantée avec deux bossages symétriques pour assurer la préhension de la rotation.

Le rendu de cette optique est naturel avec une excellente définition dès la pleine ouverture.
La déformation est présente, de même que le vignettage qui disparait seulement à f/8,0.
Il faudra veiller, comme pour tous les grands-angles à soigner le placement du boitier pour éviter la trop grande déformation notamment sur les angles.
Pour le vignettage, bien évidemment tout bon logiciel de dématriçage permettra une correction efficace.

Le choix de cette optique sera bien évidemment orienté sur une utilisation plein jour pour celui qui souhaite une extrême compacité d’objectif (type pancake).
Dans la rue, il se comporte très bien et le maniement en hyperfocale est très aisé.
Une optique typée, une sorte de croisement entre modernité et tradition avec une belle image finalement, très douce et fine.
Croisement que l’on retrouve dans le rendu des couleurs qui est plutôt chaud, très agréable comme peut l’être une Portra en argentique par exemple (toute proportion gardée).

Lien vers le test complet du Summaron 28mm

 

Summilux 28mm f/1.4 Asphérique (5700,00€) :

Le nouveau fleuron des 28mm Leica. Au-delà de son prix qui fera fuir nombre d’entre nous, il faut bien reconnaitre que Leica nous propose avec ce Summilux un objectif qui ne souffre quasiment d’aucun défaut. A l’instar des 21mm et 24mm déjà déclinés en version Summilux, ce 28mm apparu en 2014 tout d’abord en version chromée faisant partie d’un Kit (Leica M édition 100 ans) pour sortir en 2015 en modèle standard anodisé noir. Relativement compact pour un Summilux, il offre des performances optiques d’un niveau exceptionnel quelles que soient les conditions de lumière et de prise de vue.

A l’aise dans toutes les situations, du reportage au portrait en passant par l’architecture, cet objectif se distingue par une grande clarté de restitution et une définition d’une impressionnante fidélité. Sa distance minimale de 0,7 mètres ainsi que sa très grande ouverture permettront de réaliser des images avec des arrières plans très esthétiques et de donner aux scènes photographiées cet aspect tridimensionnel si esthétiquement caractéristique de la gamme Summilux.

Comme pour les autres 28mm de la gamme Leica, la distorsion est excellemment maitrisée, les aberrations chromatiques quasi-inexistantes et le vignettage seulement visible à pleine ouverture, une référence sur tous les plans.

Bien évidemment, les performances de cet objectif sont superlatives. Dès la pleine ouverture, le piqué est au plus haut niveau et seuls les bords extrêmes demeurent un léger cran en dessous. Pour le reste, il sera exploitable sur l’ensemble du champ de l’image à toutes les ouvertures. Il sera donc parfaitement à l’aise sur tous les sujets, du portrait à l’architecture en passant par le reportage général ou la photo de rue. Un must !!

Attendu avec cet objectif qui se devait d’être le référent en la matière, Leica nous a concocté une optique de rêve comme espéré. Si l’investissement est bien évidemment lourd, les résultats obtenus avec cette merveille optique feront facilement oublier chaque euro dépensé. Vraisemblablement le meilleur 28 jamais réalisé par un concepteur optique. Si le 28mm est votre focale de prédilection et si vous en avez les moyens, aucune hésitation à avoir pour acquérir ce formidable objectif qui vous enchantera.

 

Summicron 28 mm f/2 Asphérique – Nouvelle version (3800,00€) :

Véritable fleuron de la gamme optique M depuis près de deux décennies, Leica s’est lancé début 2016 dans le difficile et périlleux exercice de renouveler son célèbre Summicron 28mm Asphérique. Optique culte si l’en est, que peut-on espérer pour rendre meilleur un objectif aux performances déjà considérées comme exceptionnelles ?

Au registre de l’ergonomie, La construction est comme à l’habitude somptueuse et la présentation sans compromis. A noter que désormais, le pare-soleil fourni est un modèle vissant en métal qui assure à mon sens une meilleure finition. Une bague de protection métallique pourra être mise en place pour assurer une finition impeccable si le pare-soleil n’est pas utilisé.  A noter désormais l’existence d’une version chromée.

Comme pour l’Elmarit 28mm Asphérique, Leica s’est évertué à affaiblir la courbure de champ pour augmenter les performances optiques de ce pourtant déjà formidable objectif. Le but recherché étant d’offrir une image résolument homogène sur l’ensemble du champ, notamment en améliorant le rendu des angles et bords de l’image.

Au final ce Summicron 28mm devient encore plus alléchant avec des performances optiques remarquables, quelle que soit l’ouverture et les conditions de prise de vue. Dès la pleine ouverture, le piqué est au rendez-vous avec cette subtilité que peuvent offrir les objectifs de la marque allemande. Distorsion parfaitement maîtrisée, vignettage quasi invisible, définition d’excellent niveau sur tout le champ, voici les ingrédients qui feront que cet objectif est et restera une référence incontournable dans la gamme Leica M. Vous ajoutez à cela des micro-contrastes très présent et un modelé des plus subtils et vous obtenez ce qui se fait de mieux sur la marché en matière de 28mm fixe.

La différence la plus notable entre les deux versions est sans doute à chercher au niveau du bokeh que je trouve pour ma part plus harmonieux avec ce nouveau Summicron. Il s’agit bien évidemment d’un jugement personnel que chacun se devra de vérifier pour éviter les déconvenues mais il apparaît que les flous d’arrière-plan sont plus doux avec une plus grande subtilité.

A noter que comme pour l’Elmarit 28mm Asphérique, il parait probable que la formule optique a été modifiée à dessein. Sans aucun doute pour permettre à cette nouvelle mouture d’affronter sereinement la décennie prochaine sans perte de qualité face à la probable montée en résolution des capteurs numériques.

 

Les anciens :

Elmarit 28 mm f/2,8 (1969-1979) V2 :

Deuxième version du 28mm présentée par Leica en 1969, cet objectif à l’allure plutôt ancienne peut donner de réelles satisfactions à son acquéreur. Relativement compact pour cette focale, ses performances plus qu’honorables n’en feront pas un premier choix pour celui qui souhaite un 28mm pour une utilisation intensive. Mais en cas de prix raisonnable, son acquisition pourra être envisagée sans autre réticence.

Au centre et à toutes les ouvertures, la restitution sera d’excellente facture. Classiquement avec les optiques de cette génération, il faudra fermer le diaphragme de quelques crans pour obtenir une image consistante sur l’ensemble du champ. La distorsion est bien contenue et le vignettage bien présent jusque f/5,6. Les aberrations chromatiques plutôt bien contenues pour une optique de cet âge. Les angles et bords progressivement meilleurs pour devenir bons à f/8,0 feront de cet objectif un compagnon de route efficace et attachant dans la rue mais ne pourront satisfaire le paysagiste qu’à partir de f/8,0, ouverture à partir de laquelle le champ devient véritablement régulier sur l’ensemble de la scène photographiée.

Au regard des images obtenues avec cette optique, le sentiment principal sera le charme indéniable d’un rendu de couleurs aux teints chauds, avec cet attrait certain pour des images qui font irrésistiblement penser à celles obtenues avec de la Portra.

Finalement, il s’agit d’un objectif attachant qui fera bien le travail pour celui qui en connaitra bien les limites et son acquisition, dès lors qu’elle se fera à un prix raisonnable, pourra constituer une réelle satisfaction.

Elmarit 28 mm f/2,8 (1979-1993) V3 :

Resté près de quinze ans au catalogue de la marque Allemande, cet objectif est considéré comme le premier très bon 28mm réalisé par Leica. Remarquablement construit avec son pare-soleil fixé par baïonnette, cet objectif est quelque peu imposant mais reste cependant très maniable. Sa distance minimale de mise au point à 0,7 mètres est très appréciable.

A pleine ouverture, le centre est très bon et les angles seront qualifiés de corrects. Il faudra fermer à partir de f/8,0 pour obtenir une réelle homogénéité de la scène photographiée. En photo de rue, toutes les ouvertures seront donc exploitables. Pour le paysage, il conviendra de fermer le diaphragme aux plus petites ouvertures pour assurer une qualité d’image globale d’excellente facture. La distorsion est vraiment très légère au point d’être négligeable et le vignettage seulement présent jusque f/4,0, deux très bons points pour cet objectif. Les aberrations chromatiques sont plutôt bien contenues et ne seront jamais réellement gênantes.

Le rendu de cette optique est conforme aux objectifs de cette époque avec des couleurs restituées aux tons plutôt chaleureux. Associé aux boitiers Leica finalement assez différents les uns des autres, il pourra constituer un ensemble de très bonne facture et permettra d’obtenir d’excellents résultats sur ce critère essentiel.

Attachant, globalement très bon et ne nécessitant pas un gros investissement, cet objectif pourra constituer un excellent choix pour celui qui souhaite se doter d’un 28mm Leica, notamment en utilisation ponctuelle.

 

Elmarit 28 mm f/2,8 (1992-2006) V4 :

Dernière version avant le modèle asphérique, ce 28mm est resté pratiquement quinze ans le 28mm d’entrée de gamme de Leica. Plus compact que la version 3, il se distingue de ses ainés par une plus grande homogénéité globale. Bien que non asphérique, il peut se targuer de faire quasiment jeu égal avec les 28mm plus récents de la gamme Leica. Compact et léger, il sera à l’aise en toutes circonstances et ses résultats seront de très bons niveaux quelles que soient les conditions de prise de vue.

Les performances seront à l’image des optiques de cette génération avec un vignettage plutôt marqué jusque f/5,6 (toujours facilement corrigeable au post-traitement). Les aberrations chromatiques sont vraiment très bien contenues et la distorsion plutôt négligeable.

Concernant le piqué, l’optique est performante sur l’ensemble du champ à partir de f/5,6. Aux plus grandes ouvertures, ce sont seulement les bords extrêmes qui seront en retrait avec un manque plus prononcé à f/2,8 sur la périphérie de l’image. Au centre, rien à signaler, le piqué est de très haut niveau dès la pleine ouverture. A noter que cet objectif est très peu sujet au flare et aux reflets que certains trouvent disgracieux.

Finalement, cet objectif sera légèrement en retrait pour le paysagiste hormis sur les ouvertures de f/5,6 à f/11,0. En reportage, il sera d’une très grande efficacité de par sa taille et sa très bonne maniabilité. Son rendu de couleurs est très agréable avec une propension à réchauffer légèrement les lumières et couleurs des scènes photographiées, le tout avec beaucoup de naturel et d’esthétisme.

Une très belle optique que j’ai personnellement choisie pour son rendu naturel, ses excellentes performances globales et son prix modéré en occasion. Je le trouve finalement proche des performances du Summicron 28mm f/2,0.

 

Elmarit 28 mm f/2.8 Asphérique (2006-2014) :

Le plus compact des 28mm, son encombrement et son poids très contenus en font un objectif très tentant, plus encore lorsque l’on analyse ses performances sur le terrain. Apparu en 2006 avec l’avènement du Leica M8 (pour un équivalent 35mm), cet objectif a su s’imposer en offrant un excellent rapport qualité/prix/encombrement.

Si la compacité est votre crédo, ce 28mm est pour vous. 160 grammes et un format mini, cet objectif n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de performances en condition de prise de vue. Sa lentille asphérique, située à l’arrière de l’objectif, permet d’obtenir une définition très élevée, garante d’une restitution sans faille des détails les plus fins et de micro-contrastes très marqués. Un vignettage bien maitrisé, une distorsion quasi absente, une aberration chromatique quelque peu marquée aux grandes ouvertures mais très vite inexistante, cet objectif fait montre de qualités remarquables au regard de son gabarit.

A pleine ouverture, le piqué est déjà de très haut niveau et seuls les bords extrêmes du champ de l’image ne seront pas au maximum des mesures. A partir de f/4,0, les résultats obtenus seront impressionnants et l’image dans son intégralité sera restituée sans défauts notables. Le paysagiste privilégiera les ouvertures de f/5,6 à f/11,0, plage de diaphragme qui donneront des images de très haut rendement sur l’ensemble du champ de l’image. En situation de reportage, il sera utilisable sans contrainte sur toute la plage des ouvertures.

Moins subtil que le Summicron, ce tout petit objectif n’en est pas moins un excellent choix. Performances de très haut niveau, prix maitrisé (environ 1000€ en occasion), encombrement réduit, il est clair que cet Elmarit peut devenir un vrai premier choix pour qui aime le 28mm. Me concernant, j’ai tendance à le trouver plutôt sec et aurais propension à lui préférer le Summicron.

 

Summicron 28 mm f/2 Asphérique (2000-2014) :

Apparu lors de la période argentique en 2000, cet objectif fait preuve d’un équilibre impressionnant. Equilibre entre piqué de très haut niveau et douceur des rendus qui ne sont jamais caricaturaux. Bien construit et de gabarit plutôt compact pour un Summicron, il se marie aussi bien sur M8 sur lequel il offre un équivalent 35mm de très haute volée que sur la gamme plein format où il se fera apprécier par des performances exceptionnelles quelle que soit l’ouverture choisie.

En terme de performances, cet objectif est très homogène avec un peu de vignettage à pleine ouverture mais qui s’atténuera très rapidement pour disparaitre progressivement dès que l’on fermera d’un ou de plusieurs crans. Ce très classique objectif grand-angle sera parfait en paysage avec une distorsion quasi inexistante. Peu sujet au flare, il s’adapte aisément des conditions de lumière difficile, notamment en contre-jour. L’aberration chromatique est quasi-inexistante sur cette optique.

A pleine ouverture, il n’y a guère que dans les angles extrêmes que la définition n’est pas optimale. A partir de f/4,0, l’ensemble du champ est d’une grande homogénéité avec une restitution des fins détails et des micro-contrastes qui ne souffre d’aucune critique. D’une subtilité particulièrement évidente, ce remarquable objectif fait référence en ce qui concerne les 28mm, l’effet tridimensionnel étant extrêmement présent aux plus grandes ouvertures.

Vous l’aurez compris, cet objectif à la réputation très flatteuse, remplacé depuis 2014, reste malgré tout une référence de choix et son acquisition en occasion (aux alentours de 2000€) est une véritable aubaine au vu des résultats obtenus. J’avoue avoir un vrai faible pour le rapport performances/prix de cette merveilleuse optique.

 

Tri-Elmar 28-35-50mm f/2 Asphérique (1998-2007) :

Véritable prouesse technologique réalisée par Leica à la fin des années 90, cet objectif aussi appelé « MATE » concentre en une seule optique trois focales généralistes à savoir les 28, 35 et 50mm.  Il a été produit en trois versions au cours de ses années d’existence. La première version du MATE utilisait un filetage de filtre E55, les deux dernières versions un filtre E49. Au cours de sa durée de vie et à travers ses trois déclinaisons, la formule optique de l’objectif est restée inchangée. Seuls les aspects cosmétiques, le revêtement du fut et certaines fonctionnalités ergonomiques ont été améliorées (amélioration du changement de focale, notification de la profondeur de champ…).

Bien évidemment, cet objectif est assez imposant et son choix se fera inévitablement sur le postulat de détenir une optique unique permettant de réaliser tout type de photos sans changement d’objectif. Si l’ouverture maximum s’avère relativement modeste, il n’en reste pas moins que le concept est alléchant, notamment en voyage prolongé où il pourra très précieux par sa grande polyvalence. Au quotidien, il n’y a guère que sa distance de mise au point minimale (1 mètre) qui pourra se montrer gênante.

Ses performances au 28mm sont pour le moins intéressantes pour ce concept d’objectif. Au centre, pas de problème à signaler à toutes les ouvertures, le piqué est bien présent et d’excellent niveau. Sur les bords et les angles, il faudra atteindre f/8,0 pour obtenir une image de haute définition sur tout le champ. Les deux ouvertures à privilégier en paysage seront f/8,0 et f/11,0. Le vignettage est très bien contenu si ce n’est à f/4,0 où il est présent sans excès. Il disparait dès f/5,6. Par rapport aux 28mm de la gamme, il sera à considérer une distorsion en barillet plutôt notable même si la correction logicielle est des plus simples à réaliser. Si les aberrations chromatiques sont relativement présentes, elles aussi se corrigeront facilement avec une solution logicielle.

Le rendu de cette optique est plutôt neutre avec une tonalité agréable et des micro-contrastes bien présents, plus encore à mesure que l’on ferme le diaphragme.

Au-delà de la performance technologique réalisée par Leica avec cet objectif multifocales, l’apport de ce Tri-Elmar réside dans sa grande polyvalence et sa réelle capacité à traiter tous les sujets. Pouvoir faire des images du 28 au 50mm avec un unique objectif tout en conservant une qualité de très haut niveau n’est pas chose facile et le défi est relevé brillamment par nos amis Allemands. En occasion, les versions deux et trois seront à privilégier même si la première mouture, moins onéreuse, pourra être un excellent choix pour une utilisation occasionnelle.

 

Les autres :

MS Optics Apoqualia-G 28mm f/2,0 (version anodisée noire) :

L’objectif est minuscule, construit en alliage d’aluminium, il est vraiment tout petit.

Aux plus grandes ouvertures, le vignettage est très présent et ne disparaitra vraiment qu’à partir de f/5,6. L’aberration chromatique est-elle très bien maitrisée, elle est très faible, ce qui est un bon point pour celui qui voudra exploiter cette optique en couleur. Le piqué est excellent au centre dès la pleine ouverture et reste classiquement de très niveau jusqu’à f/16. Aux plus grandes ouvertures, les bords et angles sont faibles voire très faibles à f/2,0 mais ce n’est pas forcément gênant lorsque c’est l ‘effet recherché. Ce n’est qu’à partir de f/5,6 que la scène photographiée devient homogène sur tout le champ de l’image. En paysage ou pour une définition maximale et totale, il conviendra de fermer le diaphragme à f/8,0.

A cette valeur, l’optique est remarquable d’homogénéité et de finesse, une aubaine pour les paysagistes. S’il est bien contenu aux plus petites ouvertures, le flare se fera plus présent lorsque l’on se rapproche de la pleine ouverture.

Les micro-contrastes, bien que plutôt élevés dès les plus grandes ouvertures, se renforceront logiquement à mesure que l’on fermera le diaphragme. La distorsion est très bien maitrisée et ne sera jamais gênante, un autre bon point pour ce minuscule objectif.

Les couleurs sont plutôt chaudes et fidèles avec une tonalité que j’ai beaucoup appréciée. Les flous d’arrière-plan sont beaux, tendus et sans effet de dédoublement.

Pour celui qui choisira cette optique, il n’est évidemment pas question de venir titiller l’extrême rigueur et la définition finale d’un Summicron ou Elmarit 28mm de Leica. Au final, ce 28mm microscopique est un objectif extrêmement attachant qui pourra libérer les esprits les plus créatifs jusqu’à f/4,0 mais qui pourra aussi ravir l’utilisateur qui recherche un objectif sérieux et qualitatif à partir de f/5,6.

Lien vers le test complet du MS Optics Apoqualia 28mm

Le Leica Q et son Summilux 28mm f/1,7 :

Le Leica Q est doté d’un objectif Summilux 28mm f/1,7. Là encore, les observateurs avertis de Leica s’offusqueront car Summillux signifie logiquement une ouverture à f/1,4. Très honnêtement, rien de rédhibitoire dans tout cela et un constat sera immédiatement fait par l’acquéreur de cet appareil, l’objectif est véritablement excellent. Quelle que soit l’ouverture et la focale choisie, le savoir-faire de Leica est bel et bien présent.

Aux plus grandes ouvertures, bien évidemment, une légère perte de définition sera observée sur les bords extrêmes mais cela reste malgré tout de très haut niveau. Dès que l’on fermera un peu, l’homogénéité sera totale sur tout le champ. A noter que le rendu de cette optique est particulièrement agréable. Un véritable piqué mais qui restera naturel, je conseillerai d’ailleurs d’utiliser le curseur netteté ou accentuation avec beaucoup de réserve, voire de l’oublier totalement. Le bokeh est lui très beau à toutes les ouvertures, tendu et crémeux à souhait. Leica nous a gâté avec ce Q en embarquant un objectif de très haut niveau qui pourra être utilisé sans réserve à toutes les ouvertures, ce qui reste une constante dans la gamme optique de la marque Allemande.

L’objectif est lui-même équipé de la célèbre gâchette Leica, ce qui n’est pas anodin pour celui qui a déjà utilisé ce dispositif d’un confort sans égal lorsque l’on pratique la mise au point manuelle. Cette même gâchette dispose d’un loquet permettant de passer du mode mise au point manuelle au système autofocus. Le changement pourra donc se faire à la volée lors de la prise de vue. Très bien pensé et réalisé.

Autre point capital pour cet objectif, un mode macro permet de réaliser des images à une distance comprise entre 0,17 et 0,30m à toutes les focales. Dans ce cas, l’ouverture mini de f/1,7 devient f/2,8. Lorsque le cran macro est sélectionné sur la bague dévolue à cet effet, un ingénieux dispositif bascule les échelles de distance et de profondeur de champ pour permettre de les visualiser.

Dernier point concernant l’objectif, il est stabilisé et permet la prise de vue à des vitesses lentes. Un vrai bonus si on ajoute cela à un déclenchement très doux qui autorisera la réalisation d’images dans des conditions très limite.

Lien vers le test complet du Leica Q

Conclusion :

A la vue du nombre de 28mm répertoriés chez Leica, que ce soit dans la gamme actuelle ou pour les anciennes références, on mesure l’importance de cette focale chez nos amis Allemands. A mi-chemin entre le grand-angle et les optiques standards, il faut reconnaitre que son champ d’application est large et son utilisation véritablement instinctive.

Souvent très compact et performant, j’ai appris à apprécier le 28mm tel qu’il est, dynamique et créatif. Tous les objectifs de cette revue d’effectif sont dignes d’intérêt et chacun d’eux apportera son lot de satisfactions, le choix se faisant uniquement sur des critères de préférences qui seront très personnels. Du merveilleux Summilux au très compact Elmarit Asphérique en passant par le célèbre et très récent Summaron, chacun de nous pourra trouver son précieux compagnon de route.

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