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Le Leica Q, compact haut de gamme de très haut niveau, est venu jeter le trouble dans l’esprit des plus fervents défenseurs du célébrissime système M. Au point que certains se posent la question légitime d’un remplacement pur et simple de leur boitier et optiques pour acquérir le dernier petit prodige de la marque Allemande.

Alors, une question récurrente émerge du débat, le Leica Q peut-il être réellement une alternative cohérente à un système M complet ?

Je vais essayer d’apporter des réponses à cette question en imaginant trois cas de figure.

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J’ai choisi de garder mon Leica M !!

Possesseur d’un Leica M240 et d’optiques, le Leica Q, aussi séduisant soit-il, n’a pas l’assise du boitier mythique de Leica. Le système M bénéficie d’une gamme optique d’excellence, du 18mm au 135mm avec entre autres quelques objectifs incontournables  et exceptionnels de qualité tels que le Noctilux 50mm, le Summilux 35mm ou le Summicron 28mm.

Choisir le Leica M, c’est épouser un système fort de quelques décennies d’expérience et les derniers boitiers de la marque Allemande ont su conserver une vraie part de la tradition Leica avec des appareils robustes, sobres et bien conçus.

Si l’on ajoute à cela une bonne dose d’innovations telle que le Leica Monochrome qui reste le seul boitier spécifiquement Noir & Blanc du marché ou le Summicron 50mm APO (sans aucun doute le meilleur 50mm jamais produit toutes marques confondues), on comprendra aisément le fort attachement des aficionados de la marque à leur M8, M9, M240, M246 et autres Summilux, Summicron…

Le test du M246 (M Monochrome) : https://fae59.com/2015/05/31/leica-m246/

Le Test du Summicron 50mm APO : https://fae59.com/2014/07/02/50mm-apo/

Il faut dire que si les boitiers Leica ne sont pas spécifiquement meilleurs que les appareils des autres constructeurs, ce sont les objectifs qui sont depuis très longtemps les portes drapeaux de la marque Allemande.

Du Summarit au Noctilux, le savoir-faire de Leica n’est plus à démontrer en la matière. Lorsque je faisais mes premières armes au Leica, un utilisateur de longue date m’a dit un jour : « Ce 28mm, tu peux le prendre, il n’y a pas de mauvais Leica…». Venant du monde du Reflex, j’avoue avoir à l’époque fait preuve d’un scepticisme certain. Plus tard et bien mieux informé des capacités de l’ensemble de la gamme optique Leica, j’ai compris que cette phrase n’avait rien d’une hérésie mais qu’au contraire qu’elle traduisait parfaitement un état de fait.

Alors, le Leica Q peut-il à lui seul me faire renoncer à mon 240, mon Noctilux ou mon Summicron 35mm ?

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Clairement non. Le système M est compact, relativement léger, très endurant et hautement qualitatif. Il est beaucoup plus complet par sa gamme optique très large et diversifiée (ne pas oublier les marques compatibles telles Zeiss ou Voïgtlander).

Un Leica M est la base d’un système complet qui permettra d’acquérir des objectifs très différents ou de pouvoir disposer en parallèle d’une solution numérique et argentique.

Depuis l’arrivée du M240, Leica offre une solution matérielle aboutie, moderne avec un boitier performant, endurant et doté des dernières technologies (Liveview, viseur électronique, excellente batterie…). Même si tous les Leica numériques sont d’excellents appareils à faire des images, la génération des M9 fut pour moi une réelle déception d’un point de vue technique car le boitier était basé très exactement sur celui du M8 qui datait de 2005. D’aucuns diront que le Leica M se doit d’être un appareil simple, sobre et rustique. Effectivement, en ce sens, le M9 (et tous ses dérivés) fut un modèle du genre. Batteries vieillottes, écran parfaitement indigne d’un boitier de ce prix, menus indigents, un sans-faute pour une absence totale de modernité pour ce Leica M9 facturé malgré tout 5500 euros en son temps.  

Malgré tout, le M9 fut pour plusieurs années le fer de lance de la marque Leica et s’il avait de nombreux défauts, la qualité de son capteur en couleur comme en Noir et Blanc à permis à nombre de photographes de faire de magnifiques images, reconnaissables entre toutes.

Un système à base de Leica M (quel que soit le modèle) et d’optiques performantes reste un must pour celui qui veut un système compact et solide avec une très haute qualité d’image (rendu global et modelé sans égal sur le marché à mon sens).

Alors un M240, M246, M Monochrome ou M9 affublé de belles optiques peut-il être mis en danger et donc remis en cause par le petit dernier de la firme Allemande ?Certainement pas pour celui qui est attaché au système M depuis de nombreuses années. La prise en main d’un Leica M demeure quelque chose d’unique sur le marché de la photographie. Ce boitier à l’ergonomie remarquable, dessiné dans les années 50, est un modèle de plaisir à posséder, à manipuler. Une séance photo avec un Leica M et ses optiques se vit de façon intense, de manière très passionnelle.

La prise en main, la mise au point manuelle, l’utilisation du télémètre est idéale pour celui qui aime composer ses images, visualiser le cadre autour de son image avec cette capacité d’anticipation que seul le M peut permettre. La manipulation des optiques est aussi un réel plaisir avec la célèbre gâchette qui fait la particularité des objectifs Leica et toute la précision de la mise au point.

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Faire des photos au Leica M est très particulier car la simplicité du boitier et des fonctionnalités présentes font que l’on se retrouve à gérer complètement les paramètres de la prise de vue.

Photographier veut dire littéralement « écrire avec la lumière », cette définition prend véritablement tout son sens avec le Leica M. Pour tirer la quintessence du système, il est impératif de maîtriser véritablement les bases de la photographie, à savoir la mesure de la lumière, l’ouverture et la vitesse.

Très pédagogique, le Leica M ne s’avérera efficace que pour celui qui sera à même de dompter ces trois composantes au service d’une composition facilitée par l’utilisation du télémètre qui est redoutable de clarté et de précision.

Le M permet de se concentrer uniquement sur l’essentiel et aussi évident que cela puisse paraître, une gestion simplifiée de l’appareil photographique permet de laisser libre court à sa créativité, sans contrainte technique. L’air de rien, cela permet une approche plus « artistique », plus spontanée de la prise de vue.

Il n’est d’ailleurs pas rare de constater une véritable progression du photographe lorsqu’il s’équipe d’un Leica M car, libéré de presque toute considération technique ou fonctionnelle telles que celles rencontrées sur les reflex par exemple, c’est l’aspect primaire de la photographie qui prend le dessus ; une ouverture pour la profondeur de champ, une vitesse pour figer l’instant, un choix de cadrage pour composer, c’est tout.

Le tout devenant du domaine du reflexe par une pratique régulière.

Mais il reste un  problème de taille pour celui qui souhaite s’équiper d’un Système M, le budget…

Même en occasion, un Leica M et une optique sont un investissement important que tous ne peuvent se permettre. Aussi légendaire soit-il, ce budget est incompressible et rebutera nombre de personnes pourtant intéressées. De plus, à l’ère du numérique, le côté éternel du Leica M n’est plus aussi évident aux yeux des gens qui constatent des évolutions technologiques régulières et permanentes. L’investissement à long terme que représentait Leica n’est donc plus forcément un vecteur décisif de choix comme à l’époque de l’argentique. Cependant, Leica reste une marque très fiable et même si nous ne sommes plus à l’époque des matériels tout mécanique, l’argent investit dans un système M restera un placement de longue durée. Beaucoup de M8 et M9 vendus avant 2010 sont encore sur le marché et fonctionnent parfaitement.

Mythique, le Système Leica M reste le fer de lance de la marque Allemande et les fidèles sont pour le moins dubitatifs à la vue du Leica Q. Mais le petit nouveau de la classe est venu jeter un pavé dans la mare car il est bourré de qualité. Il ne sera pas donc étonnant d’entendre çà et là des Leicaïstes se poser la question de savoir si le Leica Q ne peut être une alternative viable à leur système M actuel. Et même voir certains d’entre eux franchir le pas… 

Le test du M240 :  https://fae59.com/2014/01/26/jai-achete-un-leica-m/

M240 ou M Moonochrome : https://fae59.com/2014/10/20/leica-m-or-m-mono/

Le choix d’un 50mm : https://fae59.com/2014/11/13/50mm/

J’ai choisi de changer pour le Leica Q !!

Le concept même du Leica Q est une invitation à une intense réflexion. Une optique 28mm baptisée Summilux malgré son ouverture à f/1,7, un boitier inspiré tout droit du Leica M, une ergonomie simplifiée et centrée sur l’efficacité, la filiation Leica est plus qu’évidente malgré l’intervention efficace de Panasonic.

C’est donc tout naturellement que celui qui apprécie particulièrement la focale de 28mm se tournera vers le petit nouveau pour en imaginer l’acquisition. Le choix de cette focale peut d’ailleurs susciter de nombreuses critiques et chacun pourra avoir son idée sur la question. Il n’en reste pas moins que c’est une focale très dynamique, qui permet beaucoup de choses et la complétude avec les focales intégrées de 35 et 50mm en font un boitier complet tout terrain, à vocation de reportage photographique.

Il est vrai que le Leica Q possède de nombreux atouts et il vient pallier les reproches qui pourront être faits au système M. Le télémètre, si il a de nombreux adeptes, a aussi beaucoup de détracteurs. Les principales critiques viennent de la relative difficulté à faire la mise au point et au manque de réactivité qui peut en découler. Sur ce point, le Leica Q est effectivement une solution redoutable. L’autofocus est bien présent, extrêmement rapide, très efficace en faible luminosité, le tout servi par un viseur certes numérique mais tout aussi efficace par sa définition et sa clarté. Il permet donc une très grande vélocité en condition de reportage, ce qui est malgré tout la vocation première de tout appareil Leica.

Très inspiré, Leica a intégré dans ce Leica Q tout ce qui peut ravir le photographe exigeant, à savoir :

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  • Un excellent capteur 24 mpx.
  • Une montée en isos très efficace.
  • Un boitier simple et ergonomique à la Leica, d’une présentation exemplaire pour ce type d’appareil.
  • Une optique de très haut niveau, un vrai Summilux avec la célèbre gâchette.
  • Les trois focales disponibles 28mm, 35mm et 50mm.
  • Utilisation en mise en point manuelle très agréable.
  • Mode macro très appréciable et efficace.
  • L’obturateur électronique qui permet des vitesses jusqu’au 1/16000ème de seconde sans utilisation de filtre ND.
  • Un viseur certes numérique, mais particulièrement bon (même si des progrès sont encore à venir de ce côté).
  • Un poids, un encombrement très raisonnable au regard des résultats.
  • L’intégration de Lightroom 6 ou CC.
  • Le prix somme toute raisonnable pour Leica.     

Le test du Leica Q : https://fae59.com/2015/06/15/le-leica-q/

Au final, un boitier très accompli et polyvalent qui permettra de s’adonner à toutes pratiques photographiques sans retenue ni contraintes. 

Bien évidemment, celui qui souhaitera faire de très grands tirages sera limité avec la focale 35mm et plus encore avec celle de 50mm.

Mais bon, pour avoir vu des tirages en A3+ d’images réalisées au Leica Q à 50mm, c’est très franchement excellent et bien malin qui pourra deviner l’origine et la taille du fichier. Pour l’utilisateur qui destine ses images à une utilisation Internet, aucun problème, les fichiers sont parfaitement exploitables quelle que soit la focale utilisée.

Tout cela amène le photographe amateur à se dire que le Leica Q n’est pas loin d’être la solution idéale pour la majorité des applications car si nous résumons tout cela, le bilan est pour le moins favorable à un changement de système.

Nous avons donc entre-autre un boitier au couple capteur/objectif remarquable, à triple focale, avec un viseur certes numérique mais parfaitement exploitable, un autofocus très véloce et sensible, un appareil très bien construit avec tout le savoir-faire de la marque Allemande.

Bien évidemment, tout n’est pas parfait. Quelques détails restent sans doute à améliorer mais pour un coup d’essai, cela ressemble à un coup de maître. Comme si le Leica Q était venu concrétiser l’essai initié par Sony avec son RX1 en 2012. La marque Japonaise avait voulu être la première à proposer un compact plein format à objectif fixe. Si l’appareil mettait en avant de réelles qualités (qualité d’image excellente, compacité, simplicité…), il souffrait malgré tout de quelques défauts rédhibitoires pour certains ; prix trop élevé, triple focale mais seulement en jpg, accessoires additionnels chers et optionnels (viseur, pare-soleil, pas de chargeur, autofocus inexploitable en reportage…).

Ce qui pourra être reproché au Leica Q reste forcément plus limité. L’autonomie aurait pu être améliorée, il n’est pas possible d’enregistrer les fichiers seulement au format dng, l’écran arrière n’est pas orientable, pas de mémoire intégrée comme sur le Leica T. Ces quelques défauts sont en réalité peu problématiques et n’empêcheront pas l’acquéreur du Q de prendre beaucoup de plaisir avec ce boitier en obtenant de magnifiques résultats.

Car pour imaginer abandonner son système M, le Leica Q doit permettre à l’utilisateur du M de trouver ses marques rapidement. Contrat à mon sens rempli car à la prise en main, je me suis évertué à utiliser le Q comme si c’était un M. Réglage initial minimaliste et séance photos de rue à l’arrache. L’autofocus est un régal mais la mise au point manuelle aussi avec la capacité supplémentaire immédiate de visualiser instantanément le résultat dans le viseur (lumière, profondeur de champ). Les repères sont de l’ordre du reflex pour qui a un M, le Leica Q peut se comporter de manière parfaitement identique si ce n’est l’autofocus qui donne à ce Leica une vocation de boitier de reportage au moins aussi marquée que le système M.

Cet autofocus est un élément crucial qui peut amener le changement et le passage du Système au Leica Q. Qui ne rêverait pas de disposer de la qualité d’image Leica à bord d’un appareil extrêmement rapide et réactif. C’est le pari réussi du Q à mon sens. L’autofocus est particulièrement véloce, ce quelles que soient les conditions de lumière. Même en très faible luminosité, la mise au point se fait facilement avec une précision digne des reflex professionnels. Bien que très attaché au télémètre, je dois avouer que le confort apporté par ce système est propre à satisfaire les plus exigeants.

Alors, bien évidemment, les plus anciens crieront au scandale en dénigrant la visée numérique, clamant haut et fort que sans viseur optique, point de salut. Soit, la visée numérique est critiquable mais elle progresse de jour en jour et l’avenir passe vraisemblablement par ce type de dispositif. J’ai connu quelques photographes réfractaires à la visée numérique dans un premier temps et qui aujourd’hui se sont convertit avec aucune intention de faire machine arrière.

Attention notamment au jugement de valeur sans un test réel terrain pour se faire une véritable idée des qualités et défauts de la visée numérique. Ce qui peut motiver un vrai intérêt pour le viseur numérique est la capacité à fournir au Leica une excellente visée à tous, porteur de lunettes ou personnes à la vue défaillante pour qui le télémètre devient problématique. La correction dioptrique intégrée, l’autofocus ou le focus-peaking sont autant de dispositifs qui permettront à tous de continuer à utiliser un appareil Leica avec une optique Summilux de très haut niveau.

Reste un élément décisif à prendre en compte, le prix de ce Leica Q. Nous dirons que totalement équipé (batterie supplémentaire, filtre, étui…), la facture s’élève à 4300,00 euros environ. Pour le commun des photographes, la facture est salée. Pour le Leicaïste expérimenté, la facture est raisonnable au regard des caractéristiques de l’appareil. L’ensemble a fière allure et ne dénote pas dans l’univers Leica. Comparé au 28mm Summicron f/2,0 de la marque qui coûte 3620,00 euros, le Leica Q est même à un tarif qui m’a agréablement surpris à sa sortie.

Ayant possédé le Sony RX1 dont le prix équipé est sensiblement équivalent, je dirais que la supériorité du Q est indéniable. Les trois années de différence sont bien là. Le Sony est un excellent petit boitier, qui délivre de très belles images mais ses défauts évoqués plus haut en font un appareil pour de la photo posée et il est difficilement exploitable en photo de rue car peu réactif. La version II est annoncée et j’espère qu’elle sera corrigée pour donner de meilleurs résultats sur ce point (je n’en doute pas). Cependant et sous réserve des informations connues à ce jour, il n’aurait pas d’obturateur électronique donc nécessiterait l’emploi bien contraignant du filtre ND. Le viseur numérique serait dans le style du R100 que je trouve passablement fragile, bien petit et moins défini que celui du Q. Autre élément à prendre en considération, le format du boitier qui semble à l’avantage du Sony dans un premier temps. En réalité, le RX1, de par sa conception, nécessite presque obligatoirement de lui adjoindre un grip pour des raisons de prise en main et de sécurité. En l’état, tenir le RX1 un long moment est quasi impossible sans douleurs, même pour des mains plutôt petites comme les miennes. Le risque de l’échapper est aussi très important.

De plus, la batterie minuscule risque de vraiment rendre l’autonomie limite (il faudra tenir compte de la gourmandise avérée du capteur Sony de 42 Mpx). Une amélioration de l’autofocus est annoncée mais à hauteur de 30% par rapport au RX1 première génération, j’ai bien peur que ce soit très insuffisant par rapport au Leica Q.

Il faudra aussi voir si la focale de 35mm (l’optique Zeiss est excellente même si moins lumineuse que celle du Leica) plus généraliste que le 28mm du Q ne sera pas l’unique focale permettant de faire des images au format raw. Erreur à mon sens grossière faite sur le RX1 première génération.

En terme de prix, lorsque l’on ajoute au RX1 version II tous les accessoires (pare-soleil, chargeur, batteries…) et le logiciel de traitement, le prix du Sony sera sensiblement équivalent au Q.

A ce jour, si je devais choisir un des deux boitiers, je choisirais sans doute le Leica Q qui me semble plus équilibré et plus complet dans sa conception et sa réalisation. Mais le Sony ne sera pas un mauvais choix, loin de là. 

     

Et si le Leica Q était le parfait complément du Leica M ?

Il existe heureusement une alternative à un choix draconien entre Système M et Leica Q.

Il consiste à considérer le Leica Q comme le boitier complémentaire du M. Il conviendra évidemment d’en accepter le douloureux double effort budgétaire mais posséder les deux est un peu le choix du roi.

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Le Leica M pourra rester dans son rôle de boitier compact à objectifs interchangeables, libre de se transformer d’ultra-grand angle au téléobjectif, en passant par des objectifs uniques tels que les Noctilux. Légendaire et incontournable appareil photo avec son télémètre, il gardera sa place de fournisseur de plaisir intense à son utilisateur. Il sera aussi toujours le garant de résultats hors normes avec sa pléiade d’objectifs extraordinaires, récents ou plus anciens.

Il présente l’avantage d’être un système complet du 15 au 135mm, voire plus avec le M240 et une bague de conversion pour objectifs R. Il est aussi le seul à proposer une compatibilité quasi-totale avec les matériels M de l’ère argentique. C’est-à-dire de pouvoir combiner boitiers et optiques de toutes générations avec des résultats presque toujours de grande qualité. Nombre de Leicaïstes ont en parallèle un boitier numérique et un argentique avec des optiques de générations différentes, un réel exploit à notre époque d’évolutions constantes et de consommation débordante.

Gardien du temple en quelque sorte, le M sera épaulé avantageusement par le petit dernier de la gamme qui apportera avec sa jeunesse, sa vivacité et sa capacité à accélérer. Fougueux et entier, il viendra compléter les possibilités offertes au photographe pour couvrir tous les sujets de la photographie avec un vrai confort et une qualité d’image constante.

C’est en cela que le travail de Leica a été remarquable sur le projet du Q. En réalité, le produit délivré est à la fois très différent de tout ce qui a été fait par la marque Allemande mais il est aussi parfaitement assimilable aux Leica les plus traditionnels par les résultats obtenus et la philosophie de l’appareil. Une sorte de « retour vers le futur photographique » qui donne à ce Leica Q l’air du petit nouveau gonflé à bloc par les anciens.

Au-delà des moyens financiers importants qu’il faudra débourser pour acquérir le Leica Q tout ou gardant son Système M, l’intérêt de chacun sera comme toujours de bien cibler son besoin car complémentaire ne veut pas dire indispensable. Le Leica M reste une solution très actuelle avec des qualités naturelles qui ont fait leurs preuves depuis des décennies.

Mais en l’occurrence, celui qui en aura la possibilité pourra sans contraintes de résultats acquérir le Leica Q et disposer d’un outil moderne, aux qualités différentes mais avec des résultats parfaitement intégrables dans un Système Leica au sens large du terme.   

En conclusion

Le Leica Q est bien né, petit prodige prêt à faire vaciller les certitudes des plus intégristes de la marque. Il annonce à mon sens un vrai virage dans la vie de Leica. Qui ne rêve pas de l’appareil tout en un capable de délivrer les meilleurs images ?

C’est un peu ce que vient de réaliser Leica en réussissant le pari de concilier technologie très avancée et qualité d’image superlative.  

Au point que nombre de Leicaïstes ont déjà revendu leur Système M pour l’acquérir. Alors, convient-il de les suivre dans cette démarche ?

Personnellement, c’est ce que je viens de faire par l’achat du Q. Il me permettra de traiter certains sujets plus facilement qu’avec le M par sa plus grande réactivité et ses capacités énormes de résultats (autofocus, montée en hauts isos) en faible luminosité. Le M deviendra le porteur quasi exclusif de mon Noctilux 50mm de 1989 avec lequel j’obtiens des résultats uniques. Dans mon cas, le Q ne peut remplacer véritablement le M car mes attentes sont différentes pour chacun des deux systèmes. 

Alors oui, je suis un privilégié car je peux me permettre des garder les deux. Certes, mais si j’avais dû faire un choix, qu’aurais-je fait ?

Je dirais que tout dépend de sa focale de prédilection. Celui qui apprécie vraiment le 28mm pourra envisager le Q comme une véritable solution de remplacement du M. Des tests réalisés donnent d’ailleurs les résultats de l’objectif 28mm du Q supérieurs à ceux des M-Summicron et M-Summilux de la marque. Pour les utilisateurs des 35 et 50mm, il faudra accepter l’augure d’une perte de définition.

J’avoue apprécier et être très à l’aise avec les trois focales, je n’ai donc pas eu l’impression de faire des concessions sur ce point et encore une fois, les résultats vu sur tirages A3+ avec les focales 35 et 50mm m’ont pleinement rassurés (sachant que je n’ai pas de besoins supérieurs). 

En tout état de cause et en conclusion, il n’y a pas de mauvais choix, le Leica M reste une valeur sûre, très sûre pour le photographe exigeant et traditionaliste. Le Q est une fenêtre ouverte sur le futur de la photographie et Leica a mis beaucoup de coeur a développer un produit riche et performant, à la fois traditionnel mais aussi extrêmement novateur. A la Leica…

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