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Mr Miyazaki, artisan passionné spécialiste de la production d’optiques en monture Leica M, nous propose donc un nouvel objectif dont l’orientation est clairement dévolue prioritairement au portrait, à savoir une focale de 73mm avec une ouverture maximale de f/1,5 et baptisé Sonnetar. A l’instar de toutes les autres productions de la gamme, il s’agit d’une optique de fabrication artisanale, simple et qui a déjà fait le succès de l’ensemble des objectifs conçus et réalisés par ce personnage discret mais au combien digne d’intérêt.

Cette nouvelle production s’annonce donc alléchante et dénote de la volonté de Mr Miyazaki de compléter sa gamme en proposant un nouveau téléobjectif simple et compact.

Présentation :

La présentation est comme toujours d’une sobriété remarquable, l’emballage étant réduit à sa plus simple expression. Une boite blanche minimaliste avec la documentation constituée d’une simple page imprimée.  L’objectif est bien évidemment doté de ses deux bouchons avant et arrière pour assurer la protection des lentilles ainsi que de son pare-soleil. Ce qui frappe d’emblée, c’est la compacité avérée de cet objectif pour une focale de cette envergure et pour une ouverture minimale somme toute très intéressante (f/1,5).

Il sera possible, et ce n’est pas le moins important, de glisser l’optique dans sa poche de manteau ou dans un petit logement de sac, ce qui permettra d’emporter le Sonnetar en tout lieu sans s’encombrer outre mesure, ce qui est plutôt inhabituel pour une focale de ce type. Son poids léger venant renforcer cette faculté à se faire oublier en toute circonstance.

Des qualités de compacité, de légèreté très appréciées et recherchées qui se retrouvent inéluctablement dans toutes les productions de Mr Miyazaki.

Test des Apoqualia-G 28mm f2 et l’Apoqualia-G 35mm f/1.4

Test du Sonnetar 50mm f/1,1 de MS-Optics, le micro Noctilux

MS Optics Perar 17mm f/4.5, l’ultra grand-angle Slim

MS Optics Protar 40mm, le standard miniature

L’objectif est proposé en version chromée noire ou argent, strictement au même prix, ce qui permettra de choisir sa finition en fonction du boitier, option clairement souhaitée par les utilisateurs de Leica M.

Pour ce qui est des caractéristiques techniques, en voici le détail :

  • Monture M native (sans bague d’adaptation).
  • Formule Sonnar, 5 éléments en 4 groupes.
  • Focale de 73mm.
  • Ouverture maximale de f/1.5.
  • Mise au point de 1m à l’infini avec un boitier M et visée télémétrique.
  • Mise au au point de 0,8m à l’infini avec un boitier doté de visée électronique.
  • Traitement des lentilles multi couches.
  • Diamètre de 50mm.
  • Longueur de 57mm
  • Poids de 197 grs
  • Pare-soleil noir ou argent selon la version choisie (diamètre de 49mm).

Une fois monté sur un boitier M (test mené avec un M10-P), il est à noter que l’ensemble est très équilibré, l’optique étant parfaitement adaptée au gabarit de l’appareil historique Leica.

La prise en main ne revêt pas de difficulté particulière si ce n’est la bague des diaphragmes qui, comme nombre des autres optiques de la gamme, d’une part, n’est pas crantée et dont le choix de l’ouverture d’autre part, se fera dans le sens inversé (de la gauche vers la droite) par rapport aux objectifs de la marque allemande. Rien de très déroutant une fois cette petite différence assimilée. La mise au point et le changement d’ouverture se font aisément par des bagues cannelées accessible et douces, pas de difficulté à redouter sur ce point.

Pour une utilisation avec un boitier type M, le cadrage qui apparait à la visée sera celui du 50 et du 75mm, il faudra donc se baser sur le rectangle le plus serré. Là non, plus, pas de difficulté particulière à relever pour une mise au point qui se fera facilement et un taux de déchet très limité. Il n’y a guère qu’aux très grandes ouvertures que la mise au point pourra nécessiter l’apport d’un viseur électronique. Pour avoir fait le test avec le télémètre du M10-P et la Visoflex, sans avoir de dispositions particulières ni d’une vue clairement acérée, je n’ai pas éprouvé de réels problèmes pour réaliser une mise au point efficace et précise.

Performances optiques :

Sans atteindre la rigueur des optiques Leica aux très grandes ouvertures, les performances optiques de cet objectif sont réellement de très bon niveau. Ce qui est remarquable avec ce Sonnetar, c’est que son acquéreur disposera en quelque sorte de deux optiques en une seule. Cela tient au rendu global de l’objectif en fonction du diaphragme choisi.

En effet, en deçà de f/4,0, le rendu sera assimilable à celui d’un Thambar par exemple qui permet d’obtenir des images très douces (voire quelque peu nimbée), autorisant par là même la réalisation de portraits à la limite du vaporeux, de très bonne facture pour celui qui aime ce style de photographies, plutôt prisé dans l’exercice du portait, domaine de prédilection annoncé du Sonnetar. Mais attention, rien de rédhibitoire pour les allergiques du dit style car une post-production adaptée pourra modifier avantageusement cela. C’est en cela qu’opère la magie du traitement numérique car il sera possible, par correction notamment de la clarté et de la netteté, de booster piqué et contraste pour obtenir des images dont le rendu global sera nettement plus conforme aux optiques actuelles.

 

 

Pour résumer, jusqu’à f/4,0, il sera donc possible de choisir son rendu final car aux pleines ouvertures, le piqué au centre sera toujours bien présent et seuls les bords filent clairement, caractéristiques bien souvent appréciées par les Leicaistes et que l’on retrouve sur les optiques des années 80 de la marque allemande. Cela permet bien évidement de mettre nativement le sujet principal en valeur même s’il devra être indéniablement centré pour en tirer la quintessence. Au-delà de cette valeur de f/4,0, l’homogénéité de l’image devient tout naturellement plus évidente avec une définition remarquable sur l’ensemble du champ.

L’aberration chromatique, et c’est réellement un vecteur commun à l’ensemble des optiques de MS-Optics , est bien maitrisée et ne posera donc pas de problème quelle que soit l’ouverture choisie. Sur ce plan, le post-traitement sera réduit à sa plus simple expression, ce qui est bien évidemment un bon point pour ce Sonnetar.

La distorsion est elle aussi presque totalement négligeable, permettant par là même de s’en affranchir lors du traitement numérique post prise de vue. Il n’y aura donc aucune contrainte sur le terrain et l’objectif pourra s’exprimer sans risque notable sur ce point.

Le rendu colorimétrique est particulièrement bon, les micro-contrastes fort bien restitués à partir de f/4,0, nécessitant là aussi une correction plus appuyée, somme toute totalement logique, à la post-production pour les prises de vue réalisées aux grandes ouvertures.

Le vignettage est presque négligeable quelle que soit l’ouverture choisie, ce qui est particulièrement remarquable pour ce Sonnetar doté d’une ouverture maximale tout aussi remarquable. Le flare est lui aussi très bien contenu est ne sera présent que dans des cas extrêmes.

Le bokeh est très esthétique, progressif et doux. A ouverture maximale, il est plutôt crémeux et il sera bien évidemment très difficile de pouvoir discerner clairement les éléments constituant l’arrière plan mais sans effet criant de dédoublement, phénomène parfois particulièrement gênant sur nombre d’optiques bénéficiant de très grandes ouvertures. En fermant le diaphragme, on obtiendra des formes plus discernables tout en conservant une réelle homogénéité des formes et lumières présentes. Au global, le bokeh est très plaisant et sera appréciable en toutes circonstances. 

Le dernier point que je relèverais à propos des performances optiques de cet objectif concerne les fortes lumières incidentes en fonction de la scène photographiée. Moins rigoureuses que les optiques Leica sur ce point, il apparait que parfois, comme remarqué sur les autres objectifs de la marque MS-Optics, les lumières incidentes puissantes (notamment en contre-jour) peuvent produire une sorte de halo (plutôt subtil) à proximité immédiate des dites sources lumineuses. Rien de véritablement gênant car cela renforce le côté unique et esthétique du rendu de ces objectifs en donnant une réelle signature qui bien souvent, permet d’identifier immédiatement les images produites avec les optiques de la gamme de Mr Miyazaki.

Conclusion :

Une fois de plus, le test d’un objectif de la société MS-Optics s’est avéré comme un ravissement tant le Sonnetar 73mm s’est montré performant et attachant. Cela démontre une fois de plus la propension de cet artisan passionné à nous concocter des productions uniques, au charme incontestable et la compacité remarquable. Ce téléobjectif ne déroge pas à la règle même si bien évidemment, il n’est pas question pour le Sonnetar 73mm de jouer dans la cour des extraordinaires objectifs 75mm Leica que sont les Noctilux, Summilux et Summicron APO, il est vrai nettement plus chers et encombrants. Il est évident que de par sa personnalité et son rendu performant, le choix dans cette gamme de focale devra se faire en tenant compte réellement de ce formidable objectif compact, simple, efficace et dont le rapport qualité/prix (1490 euros) le rend parfaitement éligible au rang de téléobjectif pertinent à acquérir.

Je remercie tout spécialement Taos Photographie pour le prêt de cet objectif que j’ai eu beaucoup de plaisir à mettre à l’épreuve. Si cet objectif vous intéresse, il est désormais disponible à l’adresse suivante : TAOS Photographic

 

A suivre une galerie d’images, réalisée au Leica M10-P en couleur et en noir et blanc. Il s’agit d’images tests sans autre prétention que de montrer des exemples de ce que peut produire l’objectif décrit dans le test.

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