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Ayant la chance de recevoir mon Leica M rapidement, je vous propose le test et la prise en main de ce nouveau boitier de la firme Allemande.

Leica M

Le Leica M

Tout d’abord, je précise que cet article n’a pour but que de faire partager ma prise en main avec ceux qui s’intéressent à ce boitier. En tant qu’amateur passionné, je n’ai aucune intention de faire de l’ombre à qui que ce soit ni de vendre quoi que ce soit. Il est d’autant plus regrettable que certains aient pu voir dernièrement dans mes très modestes articles et dans ma démarche autre chose qu’un partage, allant jusqu’à me taxer de prétentieux ayant la volonté de promouvoir son site (sans arguments étayés malgré tout)… Pourtant, bien évidemment, rien ne les oblige à lire mes écrits et on se passerait facilement de leurs commentaires acerbes et sans fondement !!

Prise en main :

Le déballage est véritablement un moment privilégié lors de l’achat d’un boitier Leica. La présentation est pour le moins remarquable. Il est évident que le prix de 6200 euros permet à nos amis Teutons de faire un effort particulier. Simplement, il est clair que tout a été pensé pour produire son effet. La boite en carton s’ouvre en étoile, laissant apparaitre une boite noire cartonnée dure pourvue d’aimants. Une fois le rabat supérieur levé, la boite grise de l’appareil est là, d’un gris accordé élégant. Au niveau inférieur, deux tiroirs accueillent respectivement la documentation et l’ensemble des accessoires (chargeur, câbles, batterie…) dans des poches en tissus estampillées Leica. La grande classe, simple mais redoutable de bon goût…

Boite du Leica M

La boite du Leica M

Pas de surprise en ce qui concerne le boitier lui même, il s’agit bien d’un M…

L’esthétique est magnifique pour celui qui aime le concept du M. Il est légèrement plus lourd et très très légèrement plus volumineux que le M9 sans que ce soit gênant plus que cela. Les touches sur l’arrière sont devenues rectangulaires. le pad arrière est pratique et plutôt bien placé, la couleur grise de celui ci et de la molette est à mon goût par contre plutôt inesthétique. Cependant, cette différence de couleur permet de bien discerner les deux éléments en faible lumière. Le bossage situé à côté de la molette est vraiment utile et agréable, il permet à mon sens de se passer d’un Thumb-up sans problème. La manette de changement de cadre ainsi que la prise de la connexion USB ont disparus. La touche vidéo se trouve sur le dessus du boitier, à droite du déclencheur.

Leica M & M9

Leica M & M9

Les menus ont été revus entièrement, ils sont restés sobres et efficaces mais ont bénéficié d’une refonte esthétique que je trouve particulièrement réussie. sans que ce soit révolutionnaire, ce changement nécessaire est très appréciable.

Leica M et M9 - Les menus

Leica M et M9 – Les menus

Les cadres de visée dans le viseur peuvent êtres blancs ou rouges. Il me tardait de tester les cadres de visée à Led rouge. On aimera ou pas mais il est clair que cela amène une visibilité plus importante. Plutôt agressifs à la première utilisation, je m’y suis très bien fait par la suite. L’intensité lumineuse de ces cadres peut être réglé selon son goût ou laissé en mode automatique, ce qui permettra une variation de cette intensité selon l’environnement d’éclairage de la scène photographiée.

Viseur à cadre Led du Leica M

Viseur à cadre Led du Leica M

Le déclencheur est très doux, très agréable. Le bruit émis bien plus feutré que celui du M9 est vraiment un bon point car cela permet de faire des images dans les environnements les plus silencieux sans gros risque.

L’écran arrière est enfin au niveau de la concurrence. De taille raisonnable (3 pouces), il est clair et de bonne qualité d’affichage. Il s’agit d’un écran de type « Corning Gorilla Glass » qui est un verre feuilleté traité pour éviter rayures et éclats.

Leica M & M9 - Les écrans

Leica M & M9 – Les écrans

Mise en images :

Toute la question était de savoir si le M, avec son capteur CMOS, aurait cette signature Leica dont beaucoup parlent et que je partage sans restriction. Premier boitier sans capteur CCD de la marque sorti de l’usine de Solms, il existait réellement une inquiétude sur ce point. Le petit test rapide que j’avais pu faire avec un boitier de prêt début Mars m’avait véritablement rassuré. Pas de surprise donc et les images sont bien celles d’un Leica, piquées avec ses arrières plans si esthétiques. Après tout, les objectifs n’ont pas changé et le capteur restitue bien la qualité d’image que j’avais tant apprécié sur le M9. il est simplement plus fin encore et selon des spécialistes, véritablement très proche des capteurs moyens formats. N’ayant pas de référence dans le domaine, je me garderai bien de corroborer ceci.

Simplement, en post traitement, il faudra être attentif à ne pas pousser les curseurs trop fort car la définition supérieure du capteur (18 MP pour le M9, 24 pour le M) peut engendrer une sensation de sur-accentuation peu naturelle et inesthétique. Pourtant, le M dispose d’une latitude de post-traitement plus large que le M9 et le capteur CMOS encaisse bien mieux les hautes lumières, c’est une certitude.

L’apport du Capteur CMOS sur le M permet bien évidemment une montée en haute sensibilité bien meilleure et là ou le M9 plafonnait à 1250 isos, le M permet d’utiliser la page de sensibilités jusque 6400 isos.

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Leica M – 3200 isos

Dans les faits, il est vrai que je me cantonne à 3200 isos. A ce niveau le M est en tout point remarquable, non seulement l’image est propre avec un grain très fin et esthétique mais aussi les couleurs restent très fidèles. On pourra donc utiliser le mode iso-auto sans restriction. C’est ce que j’ai fait en câlant le maximum à 3200 isos, le M se chargeant de choisir la sensibilité la plus appropriée en fonction de la scène. Ce qu’il fait très bien d’ailleurs car il privilégie toujours la sensibilité la plus faible.

En ce qui concerne la mesure de la lumière, la nouveauté se situe dans la mise en place de trois mesures différentes. Une mesure pondérée Centrale, visiblement la même que le M9, une mesure matricielle et une mesure Spot. Les essais que j’ai réalisés à ce jour sur les trois modes font que je privilégie toujours la mesure pondérée Centrale qui me permet, vraisemblablement par grande habitude, de réussir mes prises de vue facilement. Chacun devra tester les différents systèmes pour trouver la configuration qui lui convient le mieux.

Côté optiques, rien à signaler de particulier si ce n’est que tous les objectifs du système M sont compatibles avec le nouveau boitier. La définition supérieure du capteur pouvait faire craindre que certaines pièces anciennes aient du mal à suivre qualitativement. Pas de problème constatés à ce niveau, mon Summicron de 1995 donne des résultats excellents et le vieux Summicron 40 de 1972 essayé passe très bien l’examen de contrôle, les images sont proportionnellement bien au niveau de celles du M9 avec cette optique.

Les Plus du M (par rapport au M9) :

Le Focus-Peaking :

Simple à mettre en oeuvre. Je le trouve plutôt fiable et efficace lorsque l’on accroche une zone qui permet de visualiser la zone de netteté matérialisée en rouge. Mais encore faut il pouvoir effectivement identifier cette zone. Dans un certain nombre de cas, la scène photographiée n’offre pas une zone qui permet d’utiliser le Focus-Peaking efficacement et il faudra discerner les faibles liserés rouges pour pouvoir faire sa mise à point. Cependant, je précise que, à mon sens, ce mode est utilisable et qu’avec une certaine habitude, il doit être relativement facile de réussir ses images. Je précise en outre que c’est mon premier appareil qui offre cette fonctionnalité et que je n’ai donc pas de référence en la matière. J’ai entendu dire que des appareils comme les Sony Nex étaient beaucoup plus performant sur ce point. Peut être que par Firmware, Leica saura rendre ce mode plus abouti encore.

La vidéo :

N’étant pas un spécialiste dans ce domaine, je me garderai bien de porter un jugement de valeur sur cette fonction. Ce que je peux dire malgré tout est que le mode video semble d’une qualité fort acceptable. Je mets un exemple de petit film réalisé par le boîtier. Le M ne sera certainement pas une référence en la matière mais il permettra au photographe qui souhaite disposer de la possibilité de réaliser une petite vidéo de le faire sans matériel supplémentaire. Il y a fort à parier que c’est le but recherché par Leica.

Le Live-view :

Classique et facile, c’est à mon sens un vrai plus sur le boitier. Cela permet de pouvoir réaliser le cadrage d’une image qui est irréalisable en mettant son oeil dans le viseur. Sur ce plan là, pas de souci, tout fonctionne parfaitement. L’écran arrière octroie une bonne vision et les images se font sans problème majeur. Il est cependant toujours regrettable que l’écran ne soit pas orientable comme il l’était sur l’Olympus OM-D EM-5. D’aucuns diront que ce n’est pas l’esprit Leica. C’est peut être vrai mais le Live-view avec un écran orientable, c’est vraiment nettement plus jouissif…

La Batterie :

Une critique qui revenait souvent par rapport au M9 était sur le plan de l’autonomie. Même si je ne partageais que partiellement cet opinion, il faut avouer que la grosse batterie du M qui permet de faire 1500 à 2000 images sans sourciller devient plus qu’intéressant. Là encore, il s’agit d’une vraie avancée car je pense que je n’aurai même pas besoin d’acheter une deuxième unité pour ma pratique. Par contre, il faut prendre en compte que j’utilise très peu le Live-view et pas du tout la vidéo. La recharge est rapide avec le chargeur Leica pour lequel le fabricant Allemand a poussé l’élégance jusqu’à produire le dit chargeur avec le profil des M.

Le Processeur :

Le Leica M, à l’instar du Système S, a été doté du processeur Maestro qui assure au boitier une vitesse d’exécution nettement plus élevée que le M9. Cette rapidité se matérialise notamment à l’affichage des images sur l’écran arrière et à l’enregistrement des images faites sur la carte. Je conseille d’ailleurs de prendre les cartes les plus rapides qui permettront de bénéficier pleinement de l’apport de ce nouveau processeur. Ma carte actuelle de 64 Go qui plafonne à 30Mb/s n’est certainement au niveau de performance que permet le M. Mais dans mon cas, ce n’est pas très grave car je ne recherche pas une extrême rapidité.

Le viseur électronique :

Autre nouveauté qui a son importance, le Leica M dispose d’un emplacement qui permet la mise en place d’un viseur électronique pour obtenir une visée reflex tout en bénéficiant du Focus-Peaking. Il existe un modèle dans la marque mais celui-ci coûte la bagatelle de 400 euros. Pour les petits malins, Olympus commercialise le même modèle sous la référence VF-2. C’est rigoureusement le même modèle à ceci près que son prix est de 180 euros environ et s’adapte parfaitement au M. Il est en plastique noir ou gris, dispose d’un correcteur dioptrique, peut être équipé d’un oeilleton large en caoutchouc. Sa résolution de 1,44 MP est très correcte sans être exceptionnelle. Pour avoir fait l’essai en magasin, un peu d’habitude permet de faire la mise en point facilement et efficacement. Malgré les conditions de lumière difficiles, je n’ai pas éprouvé de difficulté et les images réalisées sont ressorties nettes. La critique principale formulée sera les saccades marquées lors de la visée sur des sujets mobiles. C’est assez courant pour ce genre de viseurs mais d’autres ont déjà fait beaucoup mieux sur le marché. Malgré tout, cela reste parfaitement utilisable en l’état et apporte un vrai plus sur les longues focales (supérieures ou égales à 90mm). A savoir que ce viseur articulé permet aussi la visée au dessus au boitier.

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Les optiques Leica R :

Le M permet, au moyen d’une bague d’adaptation, de monter des optiques en monture Leica R. Ne possédant ce type d’objectif, je ne m’étendrai pas sur cette opportunité et ne pourrai bien évidemment pas porter de jugements sur les aspects de cette fonction.

Conclusion :

Le Leica M est bien né. Je ne regrette pas mon achat et l’évolution par rapport au M9 est réelle par toutes les nouvelles fonctionnalités présentes sur le petit nouveau. Celui qui aime le côté plus radical et simpliste du M9 avec d’une qualité d’image impeccable en bonne condition de lumière, le passage au M ne sera pas une nécessité, il pourra même s’avérer déroutant de par ses nombreuses nouvelles possibilités.

Par contre, pour celui qui souhaite un boitier plus moderne avec un bien meilleur écran, la possibilité d’un EVF pour une visée reflex, une meilleure batterie, une diversité des systèmes de mesure de la lumière, le Focus-Peaking, le live-view, la vidéo… Alors le M devient incontournable et est pour moi une réussite. Il reste dans la longue tradition du constructeur Allemand tout en amenant la touche nécessaire de modernité que les aficionados de la marque attendaient.

Galerie d’images au M (quelques images au M9 se sont maladroitement glissées…) :

Cliquez sur la première image voir voir la galerie…