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Longtemps, Leica présentait son légendaire boitier M télémétrique en version unique. Seul représentant non asiatique du marché photo, Leica entretien la légende en continuant de décliner le boitier M sous la même forme que celui dessiné en 1953. La transition numérique n’a rien changé à cette donne et même si le télémètre reste un élément de poids à l’heure du choix, le design reste bien souvent le meilleur argument de ce boitier atypique. Compact, dense et très discret, l’utilisation d’un Leica M reste un sentiment unique de par sa conception et sa réalisation. Un Leica M, c’est une façon de photographier qui ne ressemble à aucune autre. Nul appareil ne donne autant cette impression de faire corps avec l’objet, impression qui à mon sens se retrouve inévitablement dans les images réalisées, plus intimistes et poétiques encore.

Leica_M

Fort de son histoire et du succès du M à l’ère argentique, Leica s’est lancé dans l’aventure numérique en 2006 avec le Leica M8. Doté d’un capteur CCD au format APS-H (x1,33) au rendu si particulier en couleur, ce boitier est à ce jour encore recherché par certains photographes. Le M9 qui arriva ensuite fut le premier appareil compact plein format sur le marché de la photographie. Comme pour le M8, le capteur CCD embarqué reste pour beaucoup une référence en matière de rendu pour la couleur avec des teintes dignes des si regrettées pellicules Kodachrome.

Puis, en 2013, alors que tous attendait un M10, Leica pris tout son monde à contre-pied avec l’arrivée du M240. Ce dernier né de la gamme sonna le glas du capteur CCD qui laisse sa place à la technologie CMOS, technologie bien plus prometteuse pour accompagner Leica sur le terrain de la haute sensibilité et de la dynamique accrue. Même si cette transition fut douloureuse pour ceux qui appréciait le rendu si particulier du capteur CCD en couleur, elle était malgré tout inévitable et souhaitable pour que Leica puisse suivre la concurrence. Et puis le M240 fut surtout l’avènement d’un boitier très moderne, complet et mature. Ensemble capteur/processeur très performant, batteries endurantes, menus simples mais complets, possibilité de monter un viseur numérique et Live-view intégré, écran de bien meilleure qualité…

Le succès du M240 ne s’est pas fait attendre et Leica pris l’option de décliner le boitier en plusieurs versions afin d’étoffer véritablement sa gamme. Ce fut tout d’abord une version corrigée baptisée M-P qui vit le jour. Un peu différente d’un point de vue esthétique, les seules évolutions technologiques se situent au niveau de l’écran arrière en Saphir présumé sans rayure et du buffer de l’appareil dont la capacité est portée à deux Go (au lieu des 1 Go du M240). Bientôt ce fut la version capteur Monochrome (M246) qui, comme ce fut le cas pour le M9 avec le M Monochrome première version, vint combler l’appétit des adeptes du noir et blanc. Une version CMOS monochrome dans l’excellent boitier du M240, une grande réussite annoncée pour ce boitier unique au monde, le seul véritable appareil photo monochrome du marché.

Mais pas question pour Leica de se limiter à ces versions désormais classiques pour la marque Allemande. Deux nouvelles moutures viennent donc de rejoindre la famille M240 avec le M262 et le M-D. Le M262 est l’appareil de celui qui ne veut pratiquer que de la photo. Plus de video, pas de viseur numérique ni de Live-view. Un boitier cent pour cent orienté photo plus léger avec un boitier en aluminium (en lieu et place du laiton plus lourd). Avantage non négligeable pour ce M262, un prix plus doux que le M240 tout en gardant les mêmes qualités d’un point de vue strictement photographique.
Et puis, c’est au tour du petit dernier de faire une apparition remarquée, le M-D. Produit atypique à la particularité d’un autre âge et que l’on croyait perdu, l’appareil photo sans écran arrière. Sur la base d’un M262, il se veut l’égal des boitiers argentiques d’époque avec une présentation des plus classiques basée sur la simplicité extrême de l’appareil destinée d’abord et uniquement à la prise de vue, sans concession ni artifice.

Afin de s’y retrouver dans la gamme de la marque Allemande, je vous propose une large revue d’effectif des boitiers Leica M numériques.

J’ai acheté un Leica M, et alors ?
https://fae59.com/2014/01/26/jai-achete-un-leica-m

 

Le M8, le premier né des numériques Leica :

Apparût en 2006, le M8 est devenu M8.2 par changement d’obturateur et d’écran arrière devenu Saphir, son capteur CCD Kodak est très bon avec un rendu de couleur spécifique qui fait un peu penser à la célébrissime pellicule Kodachrome. Il est toujours possible de faire d’excellentes images avec cet appareil. Il permet en outre une plus grande tolérance aux flous de bouger de par sa résolution inférieure et son capteur plus petit. Les longues focales sont donc à privilégier pour ces boitiers. Un 35mm devient un équivalent 47mm, un 21 devient un 28mm…
Ce peut être un avantage dans certains cas mais pour beaucoup, le M8 est synonyme de focales bâtardes et ceux ci ont attendu le M plein format avant de basculer en numérique, à savoir le M9. En Noir & Blanc, il sera possible de monter à 1600 isos. En couleur, selon les conditions, 800 isos me semblent être le maximum pour un résultat qualitatif. En occasion, le M8.2 sera à mon sens à privilégier. Sa conception plus récente lui donne une meilleure robustesse électronique et le risque de panne sera vraisemblablement inférieur à celui du M8. Les prix en occasion (selon l’état, la garantie ou non, les accessoires…) seront sensiblement de 1000 euros en moyenne pour un M8 et 1200 euros pour un M8.2. Attention, il faut prendre en considération que les M8 et M8.2 ne sont plus réparables par Leica au niveau des capteurs et des écrans par manque de pièces de rechanges.

 

Le M9, le premier 24×36 compact et numérique :

Construit sur la base du boitier de M8, le M9 est le premier boitier compact numérique à capteur plein format, son écran d’un autre temps et ses batteries d’un autre temps à sa sortie (franchement difficilement concevable en 2009) n’ont pas empêché ce boitier à la robustesse avérée de connaitre un franc succès. Il a notamment réconcilié les utilisateurs argentiques de la marque par le retour des véritables focales 24×36. Le 50mm est redevenu un 50mm, les grands angles ont repris leur ouvertures de champ d’avant… Utilisable en couleur jusque 1250 isos, les 2500 isos seront atteints sans trop de problème en Noir & Blanc.
Comme pour le M8.2, le M9-P sera préféré par sa conception plus récente avec un écran Saphir (pas meilleur mais plus solide) et un aspect plus discret (plus d’écriture sur la façade du boitier). Les prix moyens en occasion seront respectivement de 2200 euros pour le M9 et 2700 euros pour le M9-P. Ces prix annoncés sont bien évidemment à relativiser en fonction de l’offre du vendeur. Le M-E sera à part dans le sens ou il est encore commercialisé.
A noter que le M9 a connu des problèmes de capteur. Le modèle Kodak d’origine pose problème car il se désagrège par corrosion. A noter que, sous garantie ou non, Leica change gratuitement le capteur par un nouveau modèle qui n’a plus ce problème. En achat d’occasion, un modèle à capteur changé sera préférable.

 

Le M Monochrome premier du nom :

En ce qui concerne le M Monochrome première génération, l’aspect essentiel à retenir d’un point de vue ergonomique est que le boitier est construit sur la base du M9-P c’est à dire le même boitier que le M9 mais avec un écran Saphir et un déclenchement plus doux.
D’un point de vue cosmétique, le Monochrome est sans aucune écriture ni pastille frontale, autre caractéristique commune avec le M9-P.
La beauté de ce boitier ne se discute pas pour celui qui aime par dessous tout la discrétion et le concept du M, ce qui est mon cas, il est absolument magnifique !!
D’aucuns diront que cet aspect des choses n’a aucune influence sur le résultat des images. C’est évident mais au prix des boitiers Leica, même en occasion, il est facile de comprendre que l’esthétique du matériel n’est pas aussi négligeable que cela.
Le capteur du M Monochrome est un capteur de 18 MP exclusivement Monochrome comme son nom l’indique.
Le but étant d’atteindre des sommets dans la restitution des nuances de gris pour une précision plus grande encore des images en Noir et Blanc.
Il est clair que de ce point de vue, ce boitier, pour qui ne souhaite faire que du Monochrome est au sommet dans la discipline.
Les images ont un velouté, une qualité des textures et un rendu des hautes lumières et ombres qui sont proprement exceptionnelles.
Pour avoir récupéré des fichiers DNG bruts de capteurs, la latitude et les capacités de traitement sont vraiment énormes.
J’ai passé trois heures avec le M Monochrome, vous pourrez en voir les résultats avec une galerie d’images en cliquant sur le lien suivant, Trois heures avec le M Monochrome… 
Autre point non négligeable, la montée en iso, différence notoire avec la série M9, est excellente avec la capacité de faire des images au delà de 3200 isos sans aucun problème. Sachant que pour mon utilisation, 3200 isos est vraiment le maximum de ce que je compte obtenir pour un nouveau boitier.
Le concept du Monochrome est donc très clair, un boitier minimaliste, classique et discret sur la base du M9-P avec un capteur exclusivement dédié au Noir et Blanc disposant d’une montée en haute sensibilité impressionnante.

Leica M ou M Monochrome, le cruel dilemme… et l’heure du choix! https://fae59.com/2013/03/25/leicamoumm

 

Le M240, le M10 première génération :

Ce boitier, toujours basé sur le concept du M datant tout de même de 1953, est tout nouveau d’un point de vue ergonomique et caractéristiques techniques.
Il marque l’arrivée de nouveautés technologiques que beaucoup n’envisageaient pas forcément chez Leica à savoir :
– Vidéo full HD.
– Live View avec Focus Peaking.
– Possibilité de mettre un viseur électronique (EVF).
– Grip optionnel avec GPS…
Mesure Spot et Matricielle.

Ainsi que des améliorations plus conventionnelles mais normales pour un boitier qui sort en 2013 :
– 24 MP avec une montée en isos données comme propre jusqu’à 6400 isos.
– Déclenchement plus discret.
– Ecran 3 pouces 920 000 pixels avec verre Gorilla.
– Nouvelle batterie plus résistante (1500/2000 images environ en mode photo pur).
– Possibilité moyennant une bague d’adaptation de monter des objectifs Leica R.
– Processeur Maestro plus rapide (équipant le système S de la marque).
Les cadres lumineux rouges.

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Je vois tout de suite d’ici les Leicaistes de la première heure crier à la trahison concernant la première partie des ces évolutions.
Il est vrai que cela peut faire penser à une volonté pour Leica de se détourner de son image de photographie minimaliste, basée sur le nécessaire et suffisant au service de la prise de vue.
Il me semble que Leica se devait aussi d’apporter un certain nombre d’améliorations que même des afficionados de la marque attendaient.
Je pense notamment à l’écran arrière qui sur le M9 est vraiment mauvais. Pas seulement au niveau de la taille mais aussi et surtout au niveau de la définition car il est pour le moins difficile de se faire une idée précise de l’image prise lorsque le besoin s’en fait sentir.
La douceur du déclenchement est vraiment aussi un gros plus car il est onctueux, donnant plus de discrétion c’est vrai mais aussi plus de plaisir encore à déclencher. Vraiment excellent…
La batterie plus endurante est aussi une très nette amélioration à mon sens. Dans mon cas, je ne suis pas sûr qu’une deuxième unité serait nécessaire.
Pour la visée, je suis un amoureux du télémètre, je ne sais donc pas si le viseur électronique aurait une quelconque utilité mais le fait de pouvoir le mettre plus tard peut être considéré comme un avantage, notamment pour des focales difficilement utilisable sur le système M télémétrique.
Concernant le Live-View, en ce qui me concerne, ce n’est pas décisif mais c’est parfois un vrai plus de pouvoir l’utiliser dans certaines conditions difficiles. Sur tous les boitiers que j’ai eu, j’ai toujours utilisé la visée sur écran comme cela, à savoir de façon très occasionnelle car seulement lorsque les conditions ne permettaient pas une prise de vue au viseur.
La vidéo ne m’intéresse absolument pas, je ne développerais donc pas le sujet car je n’ai aucune compétence ni attente dans le domaine.
La mesure Spot ou matricielle, je ne sais quoi trop en penser pour l’instant. La mesure pondérée Centrale du M9 me convenait très bien mais peut être que ces deux mesures supplémentaires s’avèreront utiles sur le terrain dans certaines conditions.
La capacité à monter les optiques R doit être vraiment importantes et bienvenue pour ceux qui disposent de telles optiques, ce n’est pas mon cas donc je ne porterais pas de jugement sur le sujet. Je me vois mal acheter des optiques de cette gamme et pratiquer un tel montage.
La possibilité de monter un grip ne m’intéresse pas non plus de prime abord. Une des raisons du choix de Leica est la compacité du système donc je ne me vois pas affubler le boitier d’un tel dispositif…

Concernant la prise en main, pas de souci, c’est bien un M. Je précise que je l’ai utilisé comme un M9 car je souhaitais avant tout disposer d’images et ne pas utiliser le temps du test à de multiples manipulations chronophages.

Ce que j’ai apprécié :
– La douceur du déclenchement.
– La qualité de l’écran arrière même si il ne remplace pas un écran d’ordinateur.
– La prise en main rapide et instinctive d’un M.
– Le bossage pour le pouce qui confère une très bonne prise en main.
– Les menus simples mais plus complets même si je n’ai pas tout parcouru.
Les cadres rouges lumineux.

Ce que j’ai moins aimé :
– La couleur de la molette arrière et du pad sur le boitier noir qui dénote.
– Le poids et l’encombrement légèrement supérieurs.

Au final, il apparait que le M240 est un boitier très abouti, complet et très mature techniquement. Au delà de la qualité d’images sans reproche, il rend hommage très clairement au formidable parc optique existant, réussissant l’exploit de rendre meilleur quasiment tous les objectifs de ma marque, qu’elle qu’en soit la date de fabrication.

Le Leica M, test & prise en main…
https://fae59.com/2013/04/05/lemprise-en-main/

Leica M ou M Monochrome, le cruel dilemme… et l’heure du choix !
https://fae59.com/2013/03/25/leicamoumm

 

Le M-P, le successeur :

Hormis l’écran arrière qui devient Saphir pour plus de résistance aux rayures et le buffer qui double sa capacité à 2 Go, le M-P est un M240 au look renouvelé par l’abandon du M blanc et de la pastille rouge en facade et d’une gravure Leica sur la face supérieure du boitier.
A noter que les résultats en images seront rigoureusement identiques à ceux obtenus avec un M240 ou M-P, le capteur ainsi que tous les autres éléments de l’appareil destinés à l’acquisition d’images étant strictement identiques.

 

Le M246, le Monochrome nouvelle génération :

Pour celui qui veut faire de la couleur ou ne peut s’offrir un deuxième boiter dédié uniquement au Noir et Blanc, la question ne se pose bien évidemment pas et le M240 (ou M-P) reste un premier choix dans le paysage numérique actuel. Il reste un fantastique boitier, une valeur sûre. Moderne, sobre, très efficace, il comblera son propriétaire avec une qualité d’image superlative. A noter que le M240 permet d’obtenir lui aussi des Noirs et blancs de tout premier ordre au prix d’un post-traitement plus long et laborieux (même si cela reste raisonnable) que les M Monochrome.
Comme prévu et sans surprise, le M246 est le boitier de l’utilisateur hyper exigeant sur la qualité de ses Noirs et Blancs. Pour cela, la nouvelle mouture du M Monochrome a gravi un échelon supplémentaire encore vers le choix d’une solution Monochrome ultime. Précision diabolique, rendu des niveaux de gris et des matières sans concession, capteur CMOS plus tolérant, le M246 est un produit de niche pour utilisateur élitiste à la recherche de fichiers au rendu unique. Une image réussie au M Monochrome (I ou II) est un ravissement sans égal. L’intégration dans le nouveau boitier de la gamme M est évidemment un grand pas en avant car Leica dispose désormais d’une version Monochrome dans un appareil moderne, particulièrement bien construit et complet, tant au niveau de l’ergonomie que des possibilités offertes (viseur électronique, Live-view, autonomie…).
Pour celui qui ne fait que du Noir est blanc, le choix est plus évident et la différence de prix ne sera vraisemblablement pas un obstacle (500 euros environ). Simplement, nous comparons l’excellence à l’excellence. La montée en isos sera à l’avantage du M246 sans conteste possible. LE M246 offre aussi une relative supériorité dans le rendu des matières et des gris, très logique de par sa conception et la volonté affichée de Leica d’offrir une qualité exceptionnelle sur ce point. Une image de M Monochrome est parfois magique, fascinante et s’obtient instantanément, le point fort de ces boitiers est sans aucun doute sur cet aspect. 

Les points forts de ce M246 sont :

Capteur CMOS excellent jusque 6400 isos.
Rendu des matières 
Gamme de gris exceptionnelle
Boitier modernisé complet et robuste
Viseur éléctronique et Live-view
Vidéo
Autonomie
C’est un Leica M !!!

Le seul point faible véritablement à mon sens est la latitude d’exposition trop restreinte que j’attendais bien meilleure de par l’arrivée du capteur CMOS. Il s’agit probablement d’une restriction due à la nature même d’un capteur Monochrome car cela est pratiquement insensible sur un M240. Il conviendra donc de déterminer si ce point est rédhibitoire à l’heure du choix entre l’un et l’autre boitier.
Reste le possesseur du M Monochrome première version ? Doit il faire le choix du changement ? S’agissant de la qualité d’image, le gain est là, sans conteste. Si les images sont plus douces, la capacité de post-traitement est malgré tout supérieure et la dynamique en progression. S’agissant du boitier même, le delta entre les deux versions est énorme. Comme je l’ai vécu lors du passage du M9 au M240, il est question de passer d’un boitier conçu en 2006 (Leica M8 avec entre autres un écran et une batterie d’un autre temps) à un boitier moderne et fiable, sans fioritures certes mais complet et dans le pur esprit Leica. Il n’en reste pas moins que le M Monochrome première version reste une valeur sûre, capable de délivrer lui aussi des images de très haut niveau. Personnellement, je fraichirai le pas comme je l’ai fait avec le M240 (pour toutes les raisons évoquées précédemment) mais celui qui décidera de conserver son MM1 fera un choix tout aussi respectable.
Alors chacun décidera en fonction de ses choix et de ses aspirations si le M246 deviendra son appareil à compter de ce jour. Il est clair que le test réel sera toujours le meilleur moyen de se faire une idée précise et dans mon cas, ce test est concluant mais le M240 m’accompagne depuis deux ans et j’y suis très attaché. Entendons nous bien, je parle bien d’un point de vue photographique car je n’accorde aux objets que très rarement un attachement sentimental. Mais ces quelques jours passés avec le M246 me plongent dans une réflexion intense…

Le test du Leica Monochrome 2ème version (M246)
https://fae59.com/2015/05/31/leica-m246

 

Le M262, le photographe :

Rigoureusement identique au M-P d’un point de vue esthétique, ce boitier est en réalité une version simplifiée de ce dernier. Le capot et la semelle de l’appareil sont désormais en aluminium et non en laiton, ce qui permet à l’appareil de gagner 80g sur la balance. Autre élément de différence pour ce boitier, l’abandon de la vidéo, du Live-view et de la possibilité de monter un viseur électronique.
Très clairement, si votre but est de faire des photos uniquement avec votre M et si le télémètre vous convient sans contrainte à la prise de vue, y compris avec les objectifs à
très grande ouverture (Summilux ou Noctilux), ce M262 est fait pour vous.
Bien évidemment, son prix plus doux sera un élément important du choix de ce boitier sans fioritures, qui s’adresse à l’amoureux de la photo sans autre volonté que de s’attacher aux fondamentaux de la prise de vue c’est à dire l’ouverture, la vitesse et la profondeur de champ. Un véritable retour aux basiques de la photographie, qui dénote en ces temps de surabondances de fonctionnalités souvent bien inutiles.
A noter que les résultats en images seront rigoureusement identiques à ceux obtenus avec un M240 ou M-P, le capteur ainsi que tous les autres éléments de l’appareil destinés à l’acquisition d’images étant strictement identiques.

 

 Le M-D, le minimaliste :

Toujours identique au M-P sur le plan esthétique, ce boitier est un véritable pari de la part de Leica en 2016. Imaginez un boitier numérique, doté d’un capteur 24 mpx et de tous les éléments nécessaires à la prise de vue digitale mais sans écran arrière.
L’avènement du numérique a permis au photographe de disposer de l’instantanéité des résultats par visualisation immédiate des images saisies sur l’écran de contrôle situé sur tous les appareils photos, du plus petit compact aux appareils moyen formats en passant bien évidemment par tous les hybrides APS-C ou reflex plein formats.
Après le M Monochrome, seul appareil purement dédié au Noir & Blanc, Leica vient donc de faire le pari de mettre sur le marché le premier boitier numérique sans écran arrière qui doit donner à son acquéreur les sensations de celles procurés par les boitiers argentiques. Le but recherché étant de ne plus contrôler en temps réel les résultats obtenus dès la prise de vue mais bien de découvrir ses images saisies au retour chez soi.

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Nombreux sont les boitiers M Argentiques célèbres qui ont fait la légende de Leica, du M2 au MP en passant par le très réputé M3 (cher à Henri Cartier Bresson) ou par le si réussi M6 qui est très certainement l’appareil argentique le plus abouti toutes marques confondues, car le plus simple et le plus efficace en action. Le M-D se veut leur égal mais en version digitale.
Et il est vrai que l’utilisation d’un M-D, avec sa seule roue crantée pour choisir la sensibilité retenue, est une vraie gageure en 2016. Alors vous me direz, quel intérêt que de ne plus disposer d’écran arrière? Et bien il s’agit bien de donner encore plus d’importance à la recherche de l’excellence et de l’exigence ultime à la prise de vue, sans quoi les résultats seront inévitablement décevants. Et pour qui se prend au jeu, il faut dire que le pari relevé est réussi. Il émane, à l’utilisation de ce M-D, une sorte d’excitation à la lecture des résultats que nous avions quelque peu oublié depuis quelques années. Je me suis revu il y a presque deux décennies, à attendre impatiemment l’importation des images sur l’ordinateur avec son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, de la même manière que lorsque j’attendais fébrilement le retour des photos ou diapositives à l’ère argentique. Une vraie belle sensation retrouvée…
A noter que les résultats en images seront rigoureusement identiques à ceux obtenus avec un M240 ou M-P, le capteur ainsi que tous les autres éléments de l’appareil destinés à l’acquisition d’images étant strictement identiques.

 

La Gamme Leica numérique autour du M :

Si le M est depuis de nombreuses années le fleuron de Leica, la marque allemande a malgré tout développé sa gamme numérique avec d’autres appareils qui ont d’autres vocations de par leur caractéristiques ou domaines d’utilisation.

Il y a tout d’abord le Leica S, boitier reflex moyen format qui se décline avec une gamme d’objectifs dédiés de très haut niveau. Une dizaines d’unités du 24mm au 180mm en passant par un zoom, objectif macro ou objectif à décentrement, c’est une gamme de très haut niveau qui ravira le professionnel le plus exigeant. A la prise en main de ce formidable boitier, il est particulièrement étonnant de constater la facilité déconcertante de manipulation de ce gros reflex survitaminé. L’ergonomie est excellente une fois assimilé et correspond parfaitement à une utilisation professionnelle, une vraie réussite et encore une fois, un boitier unique.                                    

A propos du Leica S (site Leica officiel) :
https://fr.leica-camera.com/Photographie/Leica-S/À-propos-du-Leica-S

 

Puis vient le Leica SL, fraichement débarqué des usines de Wetzlar et qui lui aussi est plutôt destiné à une clientèle professionnelle. Le Leica SL est un appareil bien né. Utilisé avec les objectifs SL ou autre objectifs autofocus de la marque, Leica fait le pari de concurrencer les reflex professionnels des autres marques. Malgré quelques erreurs de jeunesse mais aussi d’évidentes qualités, il trouvera sans doute sa place dans les mains de photographes qui attendaient le retour du reflex par la marque Allemande, possesseurs d’optiques R en tête qui rêvaient de pouvoir les remettre en service (il faut dire qu’il existe de très très belles choses sans cette gamme) dans des conditions optimales.

Mais si Leica a décidé de se relancer sur le secteur du Reflex, cela est fait de manière radicalement différente de la concurrence. Le Leica SL a sa propre logique. Elle pourra déplaire mais elle est unique, plus intuitive qu’il n’y paraît et une fois passées les premières minutes de tâtonnement, on peut s’approprier cette logique qui devient une sorte de retour à l’essentiel, en toute simplicité.

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Au final, ce SL est bien plus attrayant une fois exploité sur tous ces aspects. Potentiellement, il pourra intéresser tous les possesseurs d’optique Leica car ce boitier fait étalage d’une force tranquille, il est complet, puissant et à l’aise sur tous les terrains. Si il offre une excellente qualité d’images comme tout bon Leica,  il est très efficace en toutes circonstances, hyper réactif et permet un gain de rapidité avec toutes les objectifs compatibles, notamment avec les optiques à mise au point manuelle telles que les montures M et R.
Alors reste le cas épineux et récurrent avec tous les matériels Leica, le prix… A 6900 euros le boitier et 4300 euros l’objectif, c’est donc 11200 euros qu’il faudra débourser pour acquérir cet ensemble. La note est (très) salée et ne reste évidemment accessible qu’aux plus fortunés d’entre nous. Simplement, à mon sens et concernant le boitier, la qualité de fabrication est sans égale sur le marché tant au niveau des matériaux utilisés qu’au niveau de la qualité de l’assemblage. Et puis à 6900 euros le boitier seul, c’est-à-dire un prix sensiblement équivalent à celui du Leica M, ce n’est pas forcement délirant si on compare les caractéristiques mais aussi les très larges possibilités offertes par le Leica SL.

Le test du Leica SL :
https://fae59.com/2015/11/27/le-leica-sl-typ-601

 

Au printemps 2015, Leica a lancé son Leica Q, formidable compact plein format qui se présente comme un mini M, avec un objectif de 28mm qui ouvre à f/1,7.
La question de choisir ce compact haut de gamme comme boitier principal est parfaitement légitime car ce Leica Q est redoutable d’efficacité. Si l’on excepte la visée qui sera véritablement sujet à débat pour les raisons évoquées plus haut, le reste est de l’ordre du sans-faute. Même si elle est remarquable, elle est fondamentalement différente d’une visée optique et chacun est à même de savoir ce qu’il préfèrera. En ce qui me concerne, j’ai trouvé cette visée excellente et je pourrai facilement m’en accommoder même si le télémètre reste un dispositif de visée que je trouve remarquable aussi.

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Le constat est simple, vous disposerez d’un boitier compact, très bien construit, simple, sobre et très complet. L’objectif est excellent, le capteur ultra-performant et le système tri-focale pour le moins intéressant et termes de perspectives et de possibilités à la prise de vue. Disposer sur un même boitier d’un 28mm, d’un 35 et d’un 50mm, le tout dans un boitier unique. Un Tri-Elmar en quelque sorte.
De plus, le boitier est moderne avec tous les dispositifs actuels, la collaboration avec Panasonic semble évidente et particulièrement efficace. Live-view, wifi, visée électronique HD… Un vrai appareil actuel à la mode Leica avec toute la simplicité et la sobriété de la marque Allemande.
Reste un sujet non abordé jusque là et qui revêt pourtant une grande importance, à savoir le prix. 4195,00 euros, c’est une belle somme d’agent. Malgré tout, je surprendrais peut être certains en disant que je trouve ce prix plutôt raisonnable. Au regard du prix du Sony RX1 auquel il était nécessaire d’ajouter un viseur électronique optionnel, un pare-soleil et un chargeur pour un total de 3800,00 euros environ, le Leica Q se place plutôt bien face à son concurrent Japonais. Le Leica est de plus fourni avec une licence Lightroom, ce qui anéanti l’écart entre les deux boitiers.
Pour celui qui ferait le choix d’un objectif Leica 28mm, le Leica Q ne coûte que 380,00 euros de plus que le Summicron 28mm f/2,0 et 1500,00 euros de moins que le Summilux 28mm f/1,4. Pour avoir utilisé ces deux objectifs sur mon M240, je peux sans problème affirmer que le Leica Q est au moins aussi performant que les combinaisons M240 et objectifs 28mm. Pour celui qui a fait du 28mm sa focale de prédilection, mon conseil sera sans hésitation à l’avantage du Leica Q.

Le test du Leica Q :
https://fae59.com/2015/06/15/le-leica-q

 

Et puis il y a le Leica T, boitier très moderne d’un point de vue esthétique construit dans un bloc d’aluminium monobloc. Doté d’un écran arrière uniquement tactile, il s’agit donc d’un boitier avec capteur APS-C 16 mpx, le parti pris de Leica étant de proposer un appareil hyper épuré, orienté sur l’idée d’obtenir des images de la façon la plus simple possible. Relativement méconnu, ce boitier, avec sa gamme d’objectifs interchangeables qui compte trois zooms et trois objectifs à focale fixe (dont un récent et excellent 35mm f/1,4), est malgré tout une formidable machine à faire des images.

La prise en main de cet appareil est très facile même si elle peut paraitre quelque peu déconcertante de prime abord. Il en ressort néanmoins que, pour ne pas déroger à la règle des boitiers Leica et malgré un design particulièrement inhabituel, la simplicité de conception du Leica T permet encore une fois de se concentrer sur l’essentiel de la photographie, à savoir la prise de vue.

A propos du Leica T (site Leica officiel) :
https://fr.leica-camera.com/Photographie/Leica-T/A-propos-du-Leica-T

 

Pour finir, je vous parlerais du Leica X, boitier compact APS-C à focale fixe ultra lumineuse ( Summilux 35mm f/1,7). L’ergonomie est désormais bien ancrée dans la philosophie Leica à savoir simplicité et efficacité au service de l’image. L’optique est particulièrement excellente et le capteur 16 mpx délivre de superbes images. A noter que ce boitier est vraiment très compact pour un capteur de cette taille. Sans viseur intégré, il est cependant possible d’en monter un, qu’il soit optique ou numérique.
Le Leica X se décline en plusieurs versions ; le Leica X-E doté lui d’un capteur de génération précédente et d’un objectif Elmarit 36mm f/2,8, le Leica X-Vario toujours équipé du capteur 16 mpx du X-E et d’un zoom Vario Elmar équivalent 27-70mm ouvrant de f/3,5 à f/6,4. Et puis le Leica X-U qui est une version anti chocs et étanche du Leica X.

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A propos du Leica X (site Leica officiel) :
https://fr.leica-camera.com/Photographie/Leica-X/Leica-X

 

La gamme Leica est devenue une vraie gamme complète et chacun pourra y trouver son appareil fétiche. Le principe commun à tous les Leica présentés ici est la recherche de la simplicité au service de la photo. Certains de ces appareils sont atypiques et se veulent unique. Malgré tout, en bon spécialiste et à mon sens, la force première de tous ces boitiers restent la qualité extrême des objectifs de la marque qui combleront de longues années encore les utilisateurs des optiques de la marque Allemande. 

 

Ci-dessous une galerie qui présente des images des images des appareils cités dans l’article. 

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