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Voyage à Doel, le village abandonné situé à l’extrême Nord Est de la Flandre Orientale, coincé entre le port d’Anvers et l’une des deux Centrales nucléaires de Belgique. 

Nous traversons l’énorme port d’Anvers pour arriver enfin à Doel, le village abandonné qui paradoxalement est très propre, qui semble très bien entretenu, au point que la question se pose de savoir si ce lieu est si abandonné que cela. Dans les rues désertes, l’impression est étrange avec un mélange de désolation des destructions entamées et la vue imprenable de nombreux tags parfois glauques mais très réussis.

Le singe

Habité par 1300 habitants en 1977, cette commune de Beveren se trouva à plusieurs reprises au centre de l’actualité en Belgique. D’abord choisi pour être le lieu d’implantation d’une des deux Centrales nucléaires de Belgique dans les années soixante, Doel fut ensuite un des villages Poldériens qui, comme d’autres, s’ajouta à la liste des bourgades victime de l’extension du port d’Anvers.  

L’expropriation fut décidée en 1999 pour étendre le port d’Anvers, faisant suite à celles des villages qui ont été rayés de la carte (Ooterweel, Ooderen, Wilmarsdonk, Lillo). Des permis de démolition ont été délivrés pour certaines des maisons et les travaux entrepris mais la bataille juridique entamée stoppa ces destructions. Il en résulte un village moitié détruit, encore habités par quelques irréductibles qui s’accrochent à leur demeure.

En 1999, un médiateur social fut nommé, chargé de mettre à exécution le plan d’accompagnement social et d’assister les habitants qui quittent le village volontairement. Le 31 décembre 2003, ce plan social vint à son terme. Cette manière de procéder a permis de rendre exsangue, en seulement quelques années et sans coup férir, une grande partie du village : le 1er mai 2003 ne vivaient plus dans le centre de Doel que 214 des 645 habitants qui étaient inscrits au 20 janvier 1998. Le chiffre de population réel dans le centre s’élevait toutefois, en mai 2003, à 301. En septembre 2003, l’école communale fut fermée après constatation que seuls 8 élèves s’y étaient inscrits.

Depuis lors, si le nombre d’habitants officiel a poursuivi sa baisse (plus que 202 en mars 2006), le nombre réel s’est progressivement accru. Cela s’explique, pour petite partie, par l’arrivée de nouveaux locataires dans certaines maisons expropriées, et pour majeure partie par le fait que des squatteurs avaient occupé les immeubles vacants (les estimations se situent entre 150 et 200).

Début 2006, les médias se sont de nouveau intéressés à Doel en raison du grand nombre de squatteurs. Cela concourut à répandre dans le public l’idée que Doel s’était dans une certaine mesure muée en une zone de non-droit, où l’on pouvait sans problème s’approprier un logement vacant, ce qui, à son tour, eut pour effet d’attirer de nouveaux squatteurs et de provoquer une vague de cambriolages. Le 22 mars 2006, le bourgmestre de Beveren annonça que les contrôles de police seraient intensifiés à Doel et que la tolérance zéro serait dorénavant en vigueur et toute activité illégale réprimée. Certains squatteurs cependant demandent à régulariser leur situation.

Depuis, ce village est devenu le royaume des Tagueurs et des photographes de tout bords, passionnés d’Urbex ou simples amateurs curieux de découvrir ou de décorer ce village atypique, au destin tragique et bizarre…

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