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Longtemps réservé aux détenus, marins ou gangsters, le tatouage est devenu depuis quelques années bien plus qu’un signe d’appartenance à un groupe défini ou une ethnie. Il bénéficie depuis quelques années d’un véritable engouement car il permet à celui qui a choisi de se faire tatouer de revendiquer une originalité, de tenter de séduire mais aussi bien souvent de marquer à l’aiguille et à l’encre un instant de vie, un moment plus important ou douloureux que d’autres de son existence. Mais si le tatouage est désormais un véritable phénomène de mode, il est aussi indéniablement un art… 

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Tradition ancestrale, le tatouage existe depuis plusieurs millénaires. Des études démontrent clairement que des personnes momifiées plus de 2000 ans avant Jésus-Christ portaient des stigmates de tatouages. Si la plupart du temps, le tatouage est un dessin décoratif destiné à embellir le corps, il ne faut cependant pas oublier qu’il fut à certaines époques un signe distinctif permettant de contraindre des personnes à afficher leur appartenance à une caste, une religion ou autres groupes de personnes. Le plus tristement célèbre des exemples étant sans doute l’ignoble marquage que réalisèrent les Nazis lors de la seconde guerre mondiale en tatouant un numéro de matricule sur l’avant bras des prisonniers. Les réactions des victimes étant à cet égard très intéressantes car si certains d’entre eux firent effacer au plus vite cette marque déshonorante, d’autres conservèrent au contraire ce tatouage pour ne jamais oublier la souffrance de leur détention.

Mais depuis quelques années, le tatouage est bien heureusement devenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, à savoir un ornement décoratif esthétique destiné à embellir le corps. Si le phénomène de mode agit fortement actuellement, notamment chez les adolescents, il faut cependant être conscient que le tatouage est un acte quasiment définitif et qu’il faut bien réfléchir avant de se lancer car se faire enlever ces marques corporelles sera très douloureux et extrêmement coûteux. Certains motifs étant quant à eux impossibles à effacer totalement.

C’est donc en connaissance de toutes ces données que je me suis rendu pour la première fois à cette convention internationale qui se déroulait trois jours durant au Grand Palais de Lille. Ce ne sont pas moins de 200 artistes tatoueurs venus du monde entier qui se sont présentés pour nous faire découvrir l’art du Tatouage ; France, Belgique, Italie, Espagne mais aussi Australie, Japon, État-Unis… Un jury de prestige récompensant au final les plus beaux tatouages réalisés lors de cette convention.

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J’ai pu déambuler librement dans les allées, de stand en stand avec mon Leica M10 qui effectuait sa première véritable sortie terrain. Une très belle ambiance en ce samedi après-midi, j’ai réellement découvert un monde extrêmement sympathique avec des artistes qui exercent leur discipline avec beaucoup de talent et d’humilité. Très disponible et de bons conseils, les voir hyper concentrés et inspirés témoignent du véritable professionnalisme qui anime ces personnes au contraire de ce que leur apparence pourrait laisser imaginer. J’ai donc passé un excellent moment à cette convention à laquelle je retournerai avec grand plaisir même si je n’ai pas eu le déclic (ou peut-être le courage) pour me faire moi-même marquer à l’encre rouge…

Toutes les images ont été réalisées au Leica M10 et Noctilux 50mm f/0,95.

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